Opération au Burkina Faso : Emmanuel Macron a donné "rapidement" son feu vert, raconte le chef d'état-major

Le général François Lecointre est revenu mardi sur les coulisses de l'opération pour libérer les otages enlevés au Bénin.

Le chef d\'état-major des armées, le général Lecointre, lors d\'une conférence de presse, le 10 mai 2019.
Le chef d'état-major des armées, le général Lecointre, lors d'une conférence de presse, le 10 mai 2019. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

La décision de lancer l'opération pour libérer les otages enlevés au Bénin a été prise "très rapidement", avec un feu vert présidentiel en une "demi-heure", a raconté, mardi 14 mai, le chef d'état-major des armées. "Je rends compte au président de la République en fin d'après-midi (jeudi 9 mai) (...) de cette possibilité qui nous est offerte d'agir, en lui présentant les risques bien sûr", a expliqué le général François Lecointre sur RTL."Il pose évidemment des questions sur le risque, sur le rapport coût-efficacité, sur les chances que nous avons de la réussir", a-t-il rapporté. 

Le président, qui assistait à un sommet européen en Roumanie, "prend une demi-heure, il échange avec le chef d'état-major particulier qui l'accompagne, l'amiral (Bernard) Rogel, qui reprécise un certain nombre d'éléments". "Moi, j'ai, en tout début de soirée, le retour, une demi-heure après, me disant 'en avant, vous avez le feu vert' et donc je donne l'ordre à l'amiral (Laurent) Isnard (chef des forces spéciales) de lancer cette opération", poursuit-il.

Un assaut "très rapide"

Le "risque important" qu'il faut alors calculer, c'est de "perdre ses propres hommes et, même si nous faisons tout pour le limiter au maximum, celui de blesser ou de perdre un otage", pointe le chef d'état-major des armées. Quelque "200 personnes" ont été mobilisées au total, avec des moyens de renseignement (drones), des moyens médicaux, la logistique pour ravitailler les hélicoptères, outre la "vingtaine de commandos" en première ligne pour libérer les otages.

"Ce sont de vraies opérations militaires dans lesquelles nous mettons en place l'élément qui va à proprement parler conduire l'action d'assaut, de fouille, de conquête de la zone et puis autour de ces éléments-là, des éléments logistiques qui peuvent apporter des moyens, évacuer, soigner et puis des éléments d'appui (avions, hélicoptères)", a-t-il noté. La mission de libération des otages elle-même n'a pris que "quelques minutes", a-t-il précisé. "L'infiltration à pied [jusqu'au site où étaient détenus les otages] a été longue", a noté le général, en se refusant à plus de précisions. Mais l'assaut lui-même fut "très rapide".

"Lorsqu'ils arrivent à proximité, il reste 200 mètres à faire à découvert, de nuit (...) A dix mètres de l'objectif, ils sont décelés et, à ce moment-là, le reste se passe en quelques minutes", a conclu le général.