La filière de l'agriculture bio économiquement fragilisée

L'agriculture bio pourrait être victime de son succès. Pour inciter les agriculteurs à passer au bio, le gouvernement a mis en place des aides financières, mais le budget prévu jusqu'en 2020 est déjà quasi épuisé. Une inquiétude dans le sud-ouest où 25% du bio est produit.

France 3

Une belle luzerne qui les rassure. Delphine et Régis Dejean viennent de passer à l'agriculture bio essentiellement pour des raisons économiques. Un ras-le-bol après leur dernière facture annuelle de produits chimiques. "Chez nous, cela représente environ 100, 150 000 euros entre l'engrais et les produits phyto", explique l'agricultrice. Le bio permettra aussi à la famille Dejean de vendre ses céréales et son lait plus chers. Intéressant en pleine crise agricole. En un an, le nombre d'agriculteurs convertis au bio a augmenté de 13% dans la région.

L'enveloppe prévue jusqu'en 2020 épuisée cette année

Un succès inattendu source de difficultés. Au Conseil Régional du Lot, c'est Vincent Labarthe qui a repris le dossier. L'homme politique est aussi éleveur en conventionnel. Il gère la pénurie. L'enveloppe prévue pour accompagner les conversions jusqu'en 2020 sera épuisée cette année. "La dynamique est telle qu'il faut qu'on aille chercher des moyens supplémentaires. Nous avions une enveloppe de 138 millions d'euros pour six ans, l'agence de l’eau a allongé le budget de 22,5 millions d'euros et l'État également", explique Vincent Labarthe, vice-président en charge de l'agriculture au Conseil Régional. L'Europe pourrait à son tour rajouter quelques millions, mais en attendant, la Région a du plafonner les aides y compris celles versées aux associations qui accompagnent ceux qui se convertissent au bio.

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Le lait bio contient 50% d\'acides gras oméga 3 de plus que le lait issu de l\'agriculture conventionnelle, selon une étude parue le 16 février 2016.
Le lait bio contient 50% d'acides gras oméga 3 de plus que le lait issu de l'agriculture conventionnelle, selon une étude parue le 16 février 2016. (FABRICE LEROUGE / ONOKY / AFP)