"Il veut se racheter une virginité" : la tribune de Nicolas Hulot contre le Ceta passe mal dans la majorité

Les députés LREM ne partagent pas tous l'avis de Nicolas Hulot, certains défendent même l'accord de libre-échange avec le Canada. 

Des journalistes dans la salle des quatre colonnes à l\'Assemblée nationale. (Illustration). 
Des journalistes dans la salle des quatre colonnes à l'Assemblée nationale. (Illustration).  (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Alors que les députés vont voter mardi 23 juillet l'accord de libre-échange Ceta avec le Canada, Nicolas Hulot les exhorte dans une tribune à s'y opposer. L'ancien ministre de la transition écologique dénonce les conséquences possibles en matière de santé et d'environnement de cet accord. Un appel relayé par la députée écologiste Delphine Batho, d'un côté, et dénoncé de l'autre par des élus marcheurs

Une prise de position qui irrite la majorité

Nicolas Hulot est une voix qui compte, reconnaît-on dans la majorité, mais sa prise de parole irrite et certains préféreraient que cette voix soit en sourdine, voire aphone. C'est le cas de Marc Fesneau, le ministre chargé des relations avec le Parlement. "Il y a le courage de dire, et il y a le courage de faire. Je ne partage pas le point de vue de Nicolas Hulot, avance-t-il sur France Inter. Ce que je regrette avec Nicolas Hulot, c'est qu'il ait renoncé d'une certaine façon à agir. Nous avons porté la sortie du glyphosate en trois ans, nous avons porté la fin des centrales à charbons, de la fin de l'exploitation des hydrocarbures, ça c'est des faits concrets. Moi ce qui compte, ce sont les faits concrets, pas ce qu'on dit dans des tribunes". 

Il veut se racheter une virginité alors que c'est lui qui a assumé au gouvernement le plan d'action du CetaUn député LREMà franceinfo

"Nicolas Hulot a la fougue du converti", s'étrange un député marcheur. Il alimente les peurs, selon un élu, qui se dit confiant sur l'issue du vote malgré quelques abstentions marginales au sein de la majorité. Dans le doute, plusieurs figures du groupe répondent à l'ancien ministre sur le même mode : "Cher Nicolas Hulot, j'aurai le courage de dire oui à un accord bon pour notre économie". Une véritable guerre de positions.