Présidentielle 2022 : "On n'a pas du tout entendu parler de questions d'emploi", déplore Solidarités nouvelles face au chômage

L'association a publié mardi, avec 20 autres organisations, un livre blanc intitulé "Paroles de chômeurs". Il a vocation à interpeller les candidats à la présidentielle pour qu'ils se saisissent des idées des demandeurs d'emploi.

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Radio France
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Une personne se fait accompagner dans une agence Pôle emploi, en Alsace, le 8 octobre 2020. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

"Il faut vraiment que l'ensemble de l'opinion publique évolue sur le regard qu'elle porte sur les demandeurs d'emploi", a plaidé mardi 25 janvier sur franceinfo Vincent Godebout, délégué général de l’association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) et membre du collectif Pour la parole de chômeurs. Un collectif de 20 associations et organisations publie un livre blanc, Paroles de chômeurs, à deux mois et demi de l'élection présidentielle. "Toutes les personnes doivent être entendues", a martelé Vincent Godebout.

franceinfo : Avec ce livre blanc, vous avez choisi d'interpeller les candidats à l'élection présidentielle. Pourquoi ?

Vincent Godebout : Parce que, dans ce moment de précampagne électorale, à ce stade, on n'a pas du tout entendu parler de chômage et de questions d'emploi pour les personnes que nous rencontrons au quotidien dans nos 20 associations. On n'a pas entendu de propositions pour les aider à trouver plus facilement du travail, mieux les écouter, mieux prendre en compte leur parole. On a le sentiment que ce ne sont plus des citoyens. On a considéré dans ce collectif que tout ce qui est dit est digne. C'est la raison pour laquelle on a voulu publier ce livre blanc. Nous pensons qu'il faut vraiment que l'opinion publique évolue sur le regard qu'elle porte sur les demandeurs d'emploi. On invite aussi tous les candidats à arrêter de stigmatiser par des petites phrases. Toutes les personnes que nous rencontrons dans nos associations sont des personnes qui cherchent du travail et qui, aujourd'hui, n'en trouvent pas ou trouvent des travaux très précaires.

Cette petite musique que l'on peut entendre, laissant entendre qu'un chômeur est au chômage parce qu'il n'a pas envie de retrouver du travail, comment la percevez-vous ?

Cela fait 37 ans que l'on considère que toutes les personnes doivent être écoutées et entendues. Ce sont des citoyens, des électeurs, qui mériteraient que leur parole soit prise en compte par l'ensemble des partis politiques et nos futurs élus, qu'ils soient président de la République ou parlementaires. Les personnes qui sont au chômage sont des personnes qui s'engagent. C'est extrêmement important de les considérer comme tel.

Est-ce que c'est parce qu'il n'y a pas beaucoup d'idées nouvelles pour lutter contre le chômage que le sujet n'est pas mis en avant ?

Les propositions que nous émettons dans ce rapport ne sont pas les propositions de nos 20 organisations mais les paroles des personnes, qui n'ont été interprétée par aucune organisation. Elles sont livrées à l'état pur. C'est extrêmement important. On a étudié 3 500 verbatim et on a ressorti quelques propositions. C'est ce que SNC et tous les membres du collectif ont voulu mettre en avant. Nous invitons les candidats à venir rencontrer ces personnes pour évoquer spécifiquement les propositions qu'elles ont à faire dans nos organisations. Au cours des déplacements, les candidats pourront nous rencontrer sans aucun problème et rencontrer des chercheurs d'emploi, non pas dans une dynamique négative, mais vraiment constructive et de co-construction.

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