Chômage : le nombre de demandeurs d'emploi sans activité baisse en mai (-3,3%) mais le nombre de chômeurs en activité partielle enfle (+14,2%)

Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A a reculé de 3,3% le mois dernier, soit 149 900 personnes de moins par rapport au mois d'avril, selon les données publiées jeudi par le ministère du Travail et Pôle emploi.

Une agence de Pôle emploi fermée pendant le confinement, le 21 avril 2020. 
Une agence de Pôle emploi fermée pendant le confinement, le 21 avril 2020.  (HUGO PASSARELLO LUNA / HANS LUCAS / AFP)

La pile de dossiers s'accumule sur les bureaux des agences de Pôle emploi. Le nombre de demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B, C continue d'augmenter et s'établit à 6 125 400 millions (hors Mayotte), son plus haut niveau depuis 1996, selon les données publiées jeudi 25 juin par le ministère du Travail et Pôle emploi.

Le nombre de chômeurs en catégorie A (sans emploi) a diminué de 3,3% en mai, soit 150 000 inscrits, mais il reste au niveau très élevé de 4,426 millions, après les hausses exceptionnelles de 22,6% en avril et 7,1% en mars. Conséquence de la reprise d'activité, cette diminution "est notamment portée par ceux qui recherchent un métier dans les secteurs de la construction et du BTP, des services à la personne, ainsi que du transport et de la logistique", souligne la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail.

Reflux vers les catégories B et C après le confinement

Cette baisse dans la catégorie A est toutefois en trompe-l'œil, car elle est due au retour de demandeurs d'emploi vers l'activité réduite (catégories B et C) avec le déconfinement, après le transfert initial de ces demandeurs vers la catégorie A (sans emploi) pendant le confinement. "Les personnes en intérim ou contrat court qui avaient été assez rapidement démobilisées les mois précédents semblent avoir été remobilisées tout aussi rapidement", constate la Dares. Le nombre de personnes enregistrées en catégorie B et C a ainsi progressé de 14,2%.

"On peut parler d'un rebond", explique à franceinfo Mathieu Plane, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques, "c'est-à-dire que le confinement était le choc le plus violent qu'on ait jamais connu depuis l'après-guerre et cela s'est traduit très rapidement dans les chiffres du chômage". Il rappelle que plus d'un million de chômeurs supplémentaires ont été recensés à Pôle emploi en deux mois.

Les entrées dues à une fin de contrat (-17,5%) et une fin de mission d'intérim (-47,5%) rejoignent leur niveau de février, après avoir été très élevées en mars et en avril. Du fait du chômage partiel, les inscriptions pour licenciements demeurent faibles et sont même en baisse. Enfin, les entrées A, B et C restent supérieures aux sorties qui demeurent "à un niveau particulièrement bas" malgré un rebond de 30%.