Une association forme des personnes handicapées aux métiers de l'audiovisuel

Lundi 19 novembre débutait la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, qui sont deux fois plus soumises au chômage. En région parisienne, l'association Act'Pro Jaris aide des jeunes à intégrer les métiers de l'audiovisuel. 

Tournage d\'un clip en langue des signes réalisé avec des stagiaires handicapés de l\'association Act Pro Jaris.
Tournage d'un clip en langue des signes réalisé avec des stagiaires handicapés de l'association Act Pro Jaris. (GREGOIRE LECALOT / RADIO FRANCE)

Le constat n’est pas brillant. Le taux de chômage des personnes handicapées reste deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Et ce, malgré le quota de 6% de travailleurs handicapés en entreprise, imposé par la loi de 2005. 

Souvent, la recherche d'emploi est un parcours du combattant pour ceux qui sont à la recherche d’un travail. Pourtant, employer une personne handicapée peut toute à fait rimer avec compétence et performance. C’est ce que démontre par exemple une association qui forme des jeunes aux métiers de l’audiovisuel, un milieu professionnel pourtant réputé difficile. Un exemple alors qu'a débuté la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, lundi 19 novembre.

Des travailleurs comme les autres

La salle de montage de l'association Act'Pro Jaris ressemble à celle de n'importe quelle boîte de production audiovisuelle. "Tu as vu avec Alice pour la date de diffusion sur W9 ?", interroge Téva, réalisateur de clips. Nicolas, son élève, a travaillé sur des clips de chant-signe, des chansons interprétées en langue des signes. 

Stagiaire, il a pu travailler comme assistant caméra et monteur; Son handicap n'a rien empêché. "J'ai perdu mon bras gauche quand j'avais 8 ans, raconte le jeune homme. Le handicap ne m'embête pas vraiment sur grand-chose. Parfois sur des choses anodines de la vie, mais sinon ça ne m'a pas trop freiné, surtout que je l'ai eu jeune donc je me suis plutôt bien adapté." 

Le réalisateur de ces clips qui seront diffusés à la télévision, c'est Téva. Il est formateur à Jaris depuis dix ans. "A partir du moment où l'on sait que les gens sont capables de le faire, qu'ils sont mis en confiance, en général ça se passe très bien, complète Téva. On est même plutôt surpris. Il n'y a pas vraiment de différence : certains seront pas bons, certains seront très bons. Comme des valides, quoi !"

Près de 200 personnes aidées

L'association emmène aujourd'hui des jeunes, souvent sans diplômes, à des métiers accessibles aux niveaux bac +5 ou +6. A l'origine de sa création en 2005, il y a le réalisateur et scénariste Eric Canda. Dans les années 80 il est atteint d'une maladie qui le fait tétaniser en portant une caméra. Difficile de travailler normalement, mais il réussit à convaincre des professionnels de le soutenir. "La meilleure façon de les convaincre, c'était ma propre exemplarité, c'était de leur montrer que j'avais su me dépasser, aller au-delà de ce que j'étais, de leur montrer que j'étais capable de trouver des solutions pour pouvoir continuer à pratiquer mon métier", précise-t-il. 

Sur les 184 personnes accompagnées par Act' Pro Jaris, plus de 140 travaillent aujourd'hui dans l'audiovisuel malgré la précarité très répandue dans ce milieu, qui ne facilite pas l'accès à l'emploi.