Manifestation contre la loi Travail : la police des polices saisie du cas d'un étudiant qui a perdu un œil à Rennes

Selon un étudiant qui lui a prodigué les premiers soins, il a été touché par un tir de lanceur de balles.

Des policiers et des manifestants contre la loi Travail s\'affrontent à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 28 avril 2016.
Des policiers et des manifestants contre la loi Travail s'affrontent à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 28 avril 2016. (DAMIEN MEYER / AFP)

Le procureur de la République de Rennes a confié une enquête à l'IGPN, la "police des polices", vendredi 29 avril, pour déterminer les circonstances de la blessure d'un jeune manifestant contre la loi Travail, qui a perdu un œil lors de la manifestation à Rennes, jeudi. L'expertise médicale demandée par le procureur a conclu à la perte totale et irréversible de la vision de cet œil.

"Il y avait énormément de sang"

"Son père a appelé la direction de l'université ce matin, il y avait très peu de chance hier (lors de son opération) de sauver son œil et ils n'y sont pas parvenus", indiquait déjà ce matin l'université Rennes 2, où étudie le jeune homme.

Peu après les faits, francetv info avait contacté Hugo Poidevin, étudiant à Rennes 2, qui a apporté les premiers soins au jeune homme. "J'ai essayé de stopper l'hémorragie et je lui ai parlé pour qu'il ne perde pas connaissance. Il y avait énormément de sang, dans l'œil et à l'arcade, qui était ouverte, a-t-il expliqué. C'était horrible. Il n'arrêtait pas de me demander : 'est-ce que j'ai encore mon œil ?'"

Blessé par un lanceur de balles ?

Agé de 20 ans, l'étudiant en géographie a été touché à l'œil par un projectile. Hugo Poidevin évoque un "tir de lanceur de balles". La préfecture a reconnu l'usage de lanceurs de balles par la police pendant la manifestation, mais n'a pas confirmé qu'ils étaient à l'origine de la blessure.

Selon la préfecture, deux personnes ont été blessées jeudi à Rennes, mais l'équipe médicale des manifestants a, quant à elle, dénombré une cinquantaine de blessés et six hospitalisés.