Loi Travail : un CRS mis en examen pour avoir éborgné un manifestant

Laurent Théron, 46 ans, avait perdu l'usage d'un œil lors du tir d'une grenade de désencerclement, le 15 septembre à Paris.

Des CRS positionnés à Paris lors de la manifestation contre la loi Travail du 15 septembre 2016.
Des CRS positionnés à Paris lors de la manifestation contre la loi Travail du 15 septembre 2016. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Un CRS de 48 ans a été mis en examen le 4 janvier, selon les informations de Libération et de l'AFP. Il est soupçonné d'être l'auteur du tir "illégitime" d'une grenade de désencerclement, lors d'une manifestation à Paris contre la loi Travail, place de la République. Touché au visage, Laurent Théron, membre du syndicat Solidaires âgé de 46 ans, avait perdu l'usage d'un œil, le 15 septembre dernier.

"Le dernier souvenir que j'ai, c'est d'avoir les mains dans les poches, une détonation, puis une douleur intense, et je sens immédiatement que c'est grave", avait alors raconté ce militant, interrogé par une équipe de France 3. Il avait déposé plainte auprès de l'IGPN, la police des polices.

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Le militant Laurent Théron touché au visage lors de la manifestation contre la loi Travail, le 15 septembre 2016 à Paris. (GREG SANDOVAL / AFP)

Le policier a été placé sous contrôle judiciaire

A ce stade, les investigations indiquent que le policier n'avait "pas d'habilitation pour utiliser ce type de matériel" et que cette arme a été utilisée "hors du cadre légal". Le juge d'instruction a donc retenu une qualification criminelle des faits, pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente". Le policier a été placé sous contrôle judiciaire. Il est interdit de voie publique et d'exercer avec une arme.

Julien Pignon, avocat de Laurent Théron, estime que son client a été blessé par l'explosion d'une grenade lancée "en cloche" par le CRS, "contrairement aux consignes d'utilisation qui préconisent un lancer au sol". Julien Pignon réclame la suspension des grenades de désencerclement, "le temps de faire des investigations plus poussées sur leur dangerosité".