Chômage : des allocations dégressives ?

Le Médef aimerait instaurer des allocations dégressives pour les chômeurs "pour inciter à la reprise des emplois". L'argument fait polémique.

FRANCE 3

Baisser les allocations des demandeurs d'emploi, à mesure qu'ils restent au chômage : le principe de dégressivité est souhaité par le Medef pour inciter le retour à l'emploi. Une proposition que n'écarte pas Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. "On n'a aucun tabou", déclare-t-elle. Alors lundi 3 septembre, dans l'après-midi, les demandeurs d'emploi sont inquiets "on n'est pas au chômage par choix", déplore une passante.

Les syndicats contre

Aujourd'hui, une personne sans emploi touche une somme fixe pendant deux ans. Avec la dégressivité, plus elles restent au chômage, moins elles touchent d'allocations. L'avantage pour le gouvernement ? Permettre à l'assurance chômage de faire des économies. Mais la mesure est loin d'être une nouveauté. En 1986, la dégressivité est instaurée par Pierre Beregovoy. Ce principe restera appliqué pendant quinze ans avant que Lionel Jospin ne décide d'y mettre fin. La raison selon l'économiste Eric Heyer : des résultats décevants. Les syndicats eux, se sont déjà prononcés contre la dégressivité des allocations chômage.

Dans une agence Pôle Emploi du 19e arrondissement de Paris en novembre 2017.
Dans une agence Pôle Emploi du 19e arrondissement de Paris en novembre 2017. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)