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Trou de la Sécu : hôpitaux et labos visés par la Cour des comptes

L'optique, mais aussi les hôpitaux et les laboratoires d'analyses sont dans le viseur de la Cour des comptes. Elle a détaillé, mardi, ses pistes d'économies pour endiguer le déficit de la Sécurité sociale, alourdi par la crise économique.
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Alors que le déficit de la Sécurité sociale s'était réduit en 2011 et en 2012, l'année 2013 s'annonce comme un "véritable coup d'arrêt " au redressement des comptes sociaux, s'inquiète la Cour des comptes, mardi, dans son rapport annuel. Son premier président, Didier Migaud, a pointé une "spirale de la dette sociale anormale et particulièrement dangereuse ".

Du fait de la crise, le déficit du régime général de la Sécu (salariés du privé), devrait ainsi s'élever à 14,3 milliards d'euros, hors fonds de solidarité vieillesse. Le trou de la branche maladie, la plus déficitaire, devrait se creuser à près de huit milliards d'euros cette année.

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Pour la Cour, il "importe de mettre en oeuvre des réformes structurelles seules à même d'infléchir durablement l'évolution tendancielle des dépenses ". Elle détaille les pistes d'économies possible, au premier rang desquelles un retrait des remboursements des dépenses d'optique, une mesure surtout symbolique, comme l'explique Didier Migaud.

Développer la chirurgie ambulatoire

Parmi les autres préconisations de son rapport, la Cour consacre cinq chapitres aux hôpitaux, privés et publics. Elle insiste notamment sur le développement de la chirurgie ambulatoire, c'est-à-dire les actes chirurgicaux pratiqués à l'hôpital permettant la sortie le jour même du patient. Quatre interventions sur dix sont pratiquées sur ce modèle en France, contre huit sur dix dans plusieurs pays "qui nous sont comparables ".

"A cet égard, le considérable retard de la chirurgie ambulatoire dans notre pays est préjudiciable ", note la Cour, soulignant que le développement de cette pratique permettrait d'économiser cinq milliards d'euros. Des efforts peuvent également être réalisés dans les dépenses liées à la biologie médicale, dont le coût représente six milliards d'euros pour l'assurance maladie.

Un effort peut également être fait, selon la Cour, sur la permanence des soins la nuit, les jours fériés et les week-ends. Dans ces domaines, on assiste à une "explosion des dépenses de l'assurance maladie qui ont triplé depuis 2011 ".

Réorganiser les laboratoires d'analyses

Autres pistes d'économies, les laboratoires d'analyses. La récente réorganisation de ces laboratoires "est encore bien trop timide pour faire baisser les coûts ", relève la Cour qui réclame "une action beaucoup plus déterminée ".

L'objectif est d'agir à la fois sur la tarification des actes et sur leur nombre. "Une économie de l'ordre de 500 millions d'euros (...) pourrait résulter rapidement d'actions résolues dans cette double direction ", juge-t-elle.

Ces pistes proposées par la Cour des comptes seront peut être prises en compte par le gouvernement. Celui-ci serait en train de plancher sur une une série de mesures destinées à limiter le déficit de la Sécurité sociale, et qui rapporteraient six milliards d'euros.

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