Plan d'économies : la fronde au PS ne retombe pas

Certains députés affirment qu'ils ne voteront pas le 29 avril.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d\'Etat au Budget, Christian Eckert, le 23 avril 2014, à Paris.
Le ministre des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, le 23 avril 2014, à Paris. (ERIC PIERMONT / AFP)

La fronde au sein du PS contre le plan d'économies ne se calme pas après la présentation du programme de stabilité. Certains députés affirment qu'ils ne le voteront pas le 29 avril.

"Le compte n'y est pas"

En fin d'après-midi mercredi, une réunion d'une centaine de députés socialistes avec le ministre des Finances, Michel Sapin, et le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a été "chaude", selon le député Yann Galut. Plusieurs députés sont intervenus, parfois sur un ton très direct, pour répéter que "le compte n'y est pas" pour les "petites retraites" ou les "petits salaires du privé".

Le député de Saône-et-Loire Thomas Thevenoud a ouvert le feu des critiques, suivi par Yann Galut, la députée de Paris Sandrine Mazetier ou la Bretonne Chantal Guittet. Cette dernière a dit "ne pas avoir été élue pour cela". Dans la soirée, avant une réunion, elle tweettait :

 

La discussion se poursuit

"C'était franc, viril" mais "pas du tout une ambiance de confrontation", temporise le député de la Loire Régis Juanico, pour qui les mesures, en l'état, "ne passeront pas sur le terrain".

Le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, entend cependant obtenir le "soutien de la totalité des députés socialistes" d'ici mardi. "Michel Sapin a entendu" les demandes "que je lui ai faites" sur quatre points : les petites retraites, les "petits contribuables", les "petits salaires de la fonction publique" et "la mise en place rapide du plan pauvreté", a-t-il expliqué à la presse à l'issue de la réunion. Il a toutefois concédé qu'"aucun de ces éléments" ne figurerait "dans le texte que nous allons discuter la semaine prochaine"La discussion "va se poursuivre", a-t-il assuré.

Combien de députés s'abstiendront ?

Reste à savoir combien de députés s'abstiendront finalement si le gouvernement ne fait pas de geste d'ici le 29. "Si le gouvernement est mis en minorité, il sera décrédibilisé et nous aurons l'air de cons en Europe", reconnaît Thomas Thevenoud.

Un peu plus tôt, Le Lab remarquait pourtant qu'auditionnés en Commission des finances, le ministre et le secrétaire d'Etat étaient venus chargés de madeleines et chouquettes. Pour faire avaler le plan de stabilité ?