"Les conditions à réunir pour atteindre les objectifs" de réduction du déficit sont "loin d'être acquises", dit la Cour des comptes à Macron

Le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, estime que "le poids de la dette publique devrait encore légèrement augmenter."

Emmanuel Macron lors de l\'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, lundi 22 janvier 2018. 
Emmanuel Macron lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, lundi 22 janvier 2018.  (AFP)

Le président de la Cour des comptes, Didier Migaud, l'a assuré lundi 22 janvier lors de l'audience solennelle de rentrée de l'institution : l'amélioration actuelle des finances publiques ne doit "pas faire illusion." En présence du président de la République, Emmanuel Macron, il a assuré que "les conditions à réunir pour atteindre les objectifs" de réduction du déficit, fixées par le gouvernement pour les prochaines années, "sont nombreuses et loin d'être acquises."

Le déficit du budget de l'Etat s'est réduit de 1,3 milliard d'euros en 2017 grâce à la hausse des rentrées fiscales, sur fond d'accélération de la croissance, selon le ministère des Comptes publics. Sur l'ensemble de l'année écoulée, le déficit budgétaire a ainsi atteint 67,8 milliards d'euros, le plus bas niveau depuis 2008. Aussi, le déficit des administrations publiques devrait repasser sous la barre des 3% de PIB en 2017, pour la première fois depuis dix ans. Mais cela ne suffit pas, prévient le président de la Cour des comptes.

Il demande "des réformes d'ampleur structurelle"

Pour 2018, le budget "ne prévoit qu'un recul faible du déficit, et le poids de la dette publique devrait encore légèrement augmenter", a toutefois rappelé Didier Migaud. "Au-delà de 2018", l'effort de réduction des déficits "repose sur l'hypothèse, par nature incertaine, du maintien du rythme actuel de croissance sur toute la période", a également estimé le président de la Cour des comptes.

"Pour respecter la trajectoire prévue, des réformes d'ampleur structurelle devront être mises en œuvre sans retard – certes dans le cadre des travaux de la démarche  'Action publique 2022', mais... sans attendre 2022", a-t-il indiqué. "Même avec un déficit ramené sous la barre des 3%, la France continue toutefois de présenter une situation financière plus dégradée que celle de la quasi-totalité de ses partenaires de la zone euro", a encore rappelé le président de la Cour des comptes.