Espagne : deux dirigeants du parti de gauche radicale Podemos remis en cause après l'achat d'une coûteuse villa

La maison à 600 000 euros de Pablo Iglesias et Irene Montero choque une partie des militants, alors que les dirigeants du parti s'engagent à "vivre comme des gens ordinaires".

Irene Montero et Pablo Iglesias, respectivement porte-parole parlementaire et secrétaire général du parti espagnol Podemos, au Parlement espanol à Madrid le 11 octobre 2017.
Irene Montero et Pablo Iglesias, respectivement porte-parole parlementaire et secrétaire général du parti espagnol Podemos, au Parlement espanol à Madrid le 11 octobre 2017. (JAVIER SORIANO / AFP)

Le principal dirigeant du parti espagnol Podemos, Pablo Iglesias, va-t-il être emporté par son train de vie, jugé trop peu conforme à l'idéal de la gauche radicale ? Avec sa compagne, Irene Montero, ils ont annoncé, samedi 19 mai, la tenue prochaine d'une consultation auprès des militants pour savoir s'ils doivent quitter leurs postes. Ils sont respectivement secrétaire général et porte-parole parlementaire de Podemos, et tous deux députés. Leur tort : avoir acheté une maison à 600 000 euros.

Pour ce prix, le couple a acquis une villa de de 270 m2 au milieu d'un vaste terrain avec jardin et piscine à Galapagar, au nord-ouest de Madrid. Pablo Iglesias a expliqué avoir souscrit, pour cela, un prêt hypothécaire sur 30 ans.

"Un débat s'est ouvert sur notre crédibilité"

Une acquisition qui fait scandale au sein de Podemos, né du mouvement des Indignés et dont la raison d'être est la dénonciation du pouvoir de l'élite économique espagnole. Podemos a adopté un code d'éthique qui constitue "un engagement à vivre comme les gens ordinaires" pour mieux "les représenter au sein des institutions", a rappelé le maire Podemos de Cadix, José Maria Gonzalez.

Dans sa conférence de presse, samedi, le couple a expliqué rechercher "un peu d'intimité" pour élever les jumeaux qu'attend Irene Montero, et ne pas avoir imaginé que sa maison ferait polémique. Mais Pablo Iglesias a reconnu qu'un "débat s'est ouvert sur [leur] crédibilité et aussi sur [leur] honnêteté""Si [les militants] nous ordonnent de démissionner, nous démissionnerons", a-t-il déclaré. La date de la consultation n'a pas été précisée.