Le FMI relève ses prévisions de croissance, mais...

Le Fonds monétaire international se dit inquiet pour l'Europe, qui menace toujours, selon lui, de faire rechuter la croissance de la planète.

Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, le 12 avril 2012 à Washington (Etats-Unis).
Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international, le 12 avril 2012 à Washington (Etats-Unis). (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Les chiffres sont un peu meilleurs que prévu. Le Fonds monétaire international (FMI) a publié mardi 17 avril des prévisions de croissance mondiale à la hausse. Dans son rapport semestriel, le FMI annonce une croissance à 3,5% pour 2012, contre les 3,3% prévus en janvier. Le Fonds se montre également un peu plus optimiste qu'en janvier pour les Etats-Unis (2,1% de croissance cette année), la zone euro (-0,3%), y compris l'Allemagne (0,6%) et la France (0,5%), et le Japon (2,0%). 

Du mieux en France... pour 2012 

En publiant ses prévisions semestrielles, le FMI s'est indirectement invité dans la campagne à cinq jours du premier tour. L'institution a relevé son estimation pour cette année, de 0,2% à 0,5%, c'est-à-dire autant qu'attendu par le candidat socialiste François Hollande et pas loin de l'objectif du président sortant Nicolas Sarkozy, qui table sur 0,7%.

Mais les choses se compliquent pour 2013. Selon le FMI, la croissance resterait molle, à seulement 1%. C'est légèrement mieux que la moyenne de la zone euro (0,9%) mais moins bien que l'Allemagne (1,5%), première économie européenne et principal partenaire de la France.

Une reprise anémiée

"La reprise restera anémique dans les grandes économies avancées", selon l'institution monétaire. Celle-ci s'inquiète toujours de voir les économies occidentales à la traîne par rapport au reste du monde, particulièrement l'Europe qui menace toujours, selon elle, de faire rechuter la croissance de la planète

Cependant, "la croissance réelle du PIB devrait remonter progressivement au cours de 2012 et 2013 à partir du creux atteint lors du premier trimestre 2012", prévoit le FMI. Le Fonds monétaire international part de l'hypothèse d'une amélioration continue des problèmes de la zone euro et d'un prix du pétrole relativement stable, aux alentours de 110 dollars le baril.

Des "problèmes fondamentaux irrésolus"

Pour le FMI, il est plus que temps que les pays occidentaux prennent des mesures drastiques. "Divers problèmes fondamentaux restent irrésolus" : la montée de la dette publique (qui devrait atteindre 130% du PIB de l'ensemble du G7 en 2017), la fragilité du système financier européen, l'érosion de la compétitivité des pays de la zone euro les plus en difficulté, la faible progression des revenus des ménages ou encore les rigidités structurelles.

Les priorités sont, selon l'institution installée à Washington, de "progresser vers des finances publiques plus viables", "renforcer les secteurs financiers" des Etats membres, "maintenir une politique monétaire accommodante" et "traiter la crise de la zone euro".