Colère des agriculteurs : le syndicat Unité SGP Police appelle le "gouvernement à trouver l'extincteur social" pour éviter que "d'autres corps de métiers n'entrent dans la danse"

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs du grand bassin parisien ont annoncé un "siège de Paris" dès lundi 14 heures et ce pour une durée indéterminée.
Article rédigé par France Info
Radio France
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Un pancarte lors d'une manifestation des agriculteurs, à Besançon (Doubs), le 27 janvier 2024. (ANTOINE MERMET / HANS LUCAS)

Alors que plusieurs syndicats agricoles appellent à bloquer Paris et Lyon lundi 29 janvier après-midi, Jean-Christophe Couvy, secrétaire national du syndicat Unité SGP Police, appelle sur franceinfo le "gouvernement à trouver l'extincteur social, à éteindre l'incendie pour essayer de calmer la situation". Il craint notamment que "d'autres corps de métier entrent dans la danse", ce qui "paralyserait le système". "Nous sommes à 5 mois des Jeux Olympiques, les yeux de la planète sont tournés vers la France et une crise sociale qu'on ne pourrait pas maîtriser ferait pâle figure vis-à-vis du monde entier", ajoute-t-il.

Jean-Christophe Couvy explicite le dispositif policier mis en place en Île-de-France face à l'appel au "siège" de la capitale par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs du Grand Bassin parisien. "On a sorti des blindés de la gendarmerie sur des points névralgiques, comme l'aéroport de Roissy ou à Rungis pour éviter un blocage total", détaille-t-il. Le secrétaire national d'Unité SGP Police évoque la position "stratégique" du marché de Rungis dont le blocage reviendrait, selon lui, à "affamer la population". Mais Jean-Christophe Couvy considère qu'il "ne faut surtout pas en arriver là".

Le syndicaliste estime sur franceinfo que depuis le début de la crise du monde agricole "le gouvernement marche sur des œufs". Il assure que "la ligne rouge à ne pas franchir est la violence" mais que si la situation reste calme, alors les forces de l'ordre laisseront "s'exprimer la colère" qu'il juge "légitime".

Des difficultés similaires à celle des forces de l'ordre

Jean-Christophe Couvy "soutient" d'ailleurs "cette colère des agriculteurs". "Elle fait écho à ce qu'on peut rencontrer dans tous les métiers aujourd'hui", affirme-t-il. Le secrétaire national d'Unité SGP Police évoque ainsi les difficultés rencontrées par les forces de l'ordre depuis "deux ans", et notamment leur fatigue. Il rappelle ainsi qu'en 2023, les policiers et les gendarmes ont été mobilisés sur les manifestations contre "la réforme des retraites, sur les émeutes" puis "sur la Coupe du monde de rugby". "On n'a jamais le temps de souffler", regrette Jean-Christophe Couvy avant de préciser que cette année, il faudra également intervenir dans le cadre du "80e anniversaire du Débarquement" puis sur les Jeux de Paris.

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