Un milliard d'euros pour la santé, l'éducation et la sécurité : le détail des mesures annoncées pour la Guyane

Les ministres Matthias Fekl et Ericka Bareigts ont présenté le détail des "engagements" du gouvernement pour la Guyane, frappée par une grave crise sociale. 

Une Guyanaise pousse son scooter sur une route bloquée par les manifestations, le 29 mars 2017, à Cayenne (Guyane). 
Une Guyanaise pousse son scooter sur une route bloquée par les manifestations, le 29 mars 2017, à Cayenne (Guyane).  (JODY AMIET / AFP)
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Cela va-t-il résoudre le conflit social en Guyane ? Le gouvernement français a annoncé, samedi 1er avril, 1,085 milliard d'euros d'engagements pour la Guyane, afin de mettre fin au mouvement social qui paralyse ce territoire frappé par un fort taux de chômage et à l'insécurité chronique. Des engagements qui concernent la sécurité, la justice, l'éducation ou la santé, comme l'ont précisé le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, et sa collègue des Outre-Mer, Ericka Bareigts. Franceinfo en dresse la liste.

Pour la Guyane, une enveloppe conséquente

"Nous savons que la crise est profonde et touche tout un territoire", a ainsi déclaré Matthias Fekl devant une délégation d'une cinquantaine de personnes, reçue à la préfecture de région à Cayenne. Il y a un "besoin de réponses immédiates, mais aussi d'un travail au long cours"Le gouvernement a donc annoncé une enveloppe d'un peu plus d'"un milliard d'euros".

Pour la sécurité, des renforts supplémentaires

Outre cette enveloppe, le gouvernement a aussi annoncé l'arrivée de 50 gendarmes et policiers en renfort dès 2017, auxquels s'ajouteront 80 agents supplémentaires entre 2018 et 2020.

Le ministre de l'Intérieur a aussi mentionné la "pérennisation d'un escadron de gendarmes mobiles en Guyane" et l'augmentation de 50% du nombre de réservistes, qui passera de 200 à 300. Un état-major de sécurité va également être installé en Guyane. 

Au niveau judiciaire, le ministre a confirmé la construction d'un tribunal de grande instance et d'une prison à Saint-Laurent du Maroni, chiffrée respectivement à 30 et 50 millions d'euros. Il a également annoncé la mise en place de discussions diplomatiques avec les voisins de la Guyane pour mettre un terme à la délinquance venant de ces pays.

Pour l'éducation, une aide pour rattraper les "retards"

La ministre des Outre-Mer, Ericka Bareigts, a précisé que 400 millions d'euros vont ainsi être alloués au secteur de l'éducation, qui souffre de "retards considérables". Ainsi, 250 millions d'euros, débloqués sur cinq ans, vont permettre de construire de nouveaux établissements scolaires, qu'il s'agisse d'écoles, de collèges ou de lycées. Nos confrères de la 1ère précisent aussi que le nombre d'intervenants dans les écoles doit également doubler dès la rentrée prochaine. 

Pour la santé, des moyens pour "moderniser"

Ericka Bareigts a également précisé que 85 millions d'euros vont être investis dans le système de santé guyanais, dont 65 millions attribués à l'hôpital de Cayenne. Parmi cette enveloppe, 40 millions vont servir à "moderniser" cet établissement de santé. Par ailleurs, le projet de cession du centre médical de Kourou va être abandonné.

Pour le foncier, des logements sociaux

Alors que les terres en Guyane appartiennent à l'Etat français, ce qui alimente un fort mécontentement populaire, la ministre des Outre-Mer a annoncé la cession par Paris de 250 000 hectares pour qu'y soient construits des logements sociaux. Quelque 300 millions d'euros d'investissements en matière d'infrastructures (pont, routes) ont été validés, ainsi que d'autres mesures destinées aux populations autochtones, à l'économie ou l'environnement.