Crise en Guyane : les habitants demandent un "statut particulier" pour leur territoire

Les Guyanais ont répondu à l'annonce d'un milliard d'euros d'engagements faite par les ministres de l'Intérieur et des Outre-Mer, samedi.

Des Guyanais réunis devant la préfecture de Cayenne, le 30 mars 2017.
Des Guyanais réunis devant la préfecture de Cayenne, le 30 mars 2017. (CITIZENSIDE/GILLES MOREL)

Les organisateurs du mouvement social en cours en Guyane ont réclamé, samedi 1er avril, un "nouveau statut" pour leur territoire, répondant à l'annonce d'un milliard d'euros d'engagements en faveur de la collectivité, faite par le ministre de l'Intérieur, Matthias Fekl, et la ministre des Outre-Mer, Ericka Bareigts.

"Le gouvernement a entendu les aspirations et les demandes des Guyanais", a déclaré Matthias Fekl lors d'une conférence de presse commune avec son homologue des Outre-Mer. Moins d'une heure plus tôt, le ministre de l'Intérieur avait listé une série de "décisions fermes et sans appel", à une délégation d'une cinquantaine de Guyanais.

"Ouvrir un débat clair"

Or, les propositions du gouvernement ont été jugées insuffisantes à l'unanimité par le collectif qui mène la contestation sociale en Guyane. Il s'est organisé, samedi, en différents ateliers, à la préfecture de Cayenne, pour faire remonter les différents points de blocage à la ministre des Outre-Mer.

Le collectif "Pou La Gwiyann dékolé", qui regroupe l'ensemble des mouvements protestataires, "demande au président de la République et au gouvernement d'entamer les discussions avec la société guyanaise afin d'ouvrir un débat clair, transparent, visant à doter notre pays, trop éloigné des centres de décisions hexagonaux, d'un statut particulier pour la Guyane", a déclaré Davy Rimane, un membre de la délégation.

David Rimane a justifié cette exigence par la volonté de se débarrasser d'un lien "trop centralisé et vertical avec Paris", qui empêche la Guyane "d'avancer". Un référendum sur l'autonomie de la Guyane s'était tenu en 2010. Le "non" l'avait largement emporté."Mais cette crise est l'expression de l'échec de ce référendum, a observé Gauthier Horth, un autre membre du collectif, car le cadre réglementaire n'est pas du tout en adéquation avec la réalité guyanaise."