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"On les voit fermer les uns après les autres" : la crise du Covid-19 n'épargne pas les commerçants parisiens

Beaucoup de commerces ferment à cause de la crise sanitaire du Covid-19, et pas seulement dans les villages ou les villes de taille moyenne, mais aussi dans des artères très fréquentées de Paris. Reportage dans le quartier de Montparnasse.

Article rédigé par
Victoria Koussa - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Illustration commerce à ceder à Paris. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Sous la tour Montparnasse à Paris, dans la galerie commerçante bientôt rénovée, Kaira est entourée de piles de paires de chaussures. Elle attend des clients qui ne reviennent pas et voit des collègues baisser les bras. "À cause du confinement, il y en a beaucoup qui ferment", indique-t-elle. C'est l'une des conséquences de l’épidémie de Covid-19, des boutiques mettent la clé sous la porte dans des rues pourtant très commerçantes, même dans la capitale.

"Un coup de grâce"

Les clients habituels ont disparu explique Kaira : "Il y a des gens qui rentrent dans le centre commercial mais pour aller aux toilettes ou alors pour se réchauffer quand il fait très froid. Avant, on travaillait beaucoup avec les étrangers. Maintenant, on ne voit plus rien. Les voyageurs aussi, ceux qui venaient de la province, ne viennent plus. Même la tour : on travaillait avec les bureaux et beaucoup sont en télétravail."

"Il n’y a pas que dans les galeries, il y a aussi la rue de Rennes qui était une artère assez vivante, c’est mort", affirme la commerçante. Il est vrai qu’il n'y a pas foule sur les trottoirs de cette rue parisienne, longue d'un peu plus d'un kilomètre, et qui descend jusqu'à Saint-Germain.

Depuis deux ou trois ans avec les gilets jaunes, les grèves de transport pendant un petit plus de deux mois et puis le Covid, ça a accéléré."

Bella, une commerçante

à franceinfo

Des commerces ferment au fil des mois, une dizaine en l'espace d'un an et demi d'après l'association de commerçants du quartier. Ce que constate Bella derrière la vitrine de sa boutique. "On les voit fermer les uns après les autres et il ne sont pas reloués, explique la commerçante. Mais ça ne date pas d'aujourd’hui, c'est un coup de grâce, ça fait quelques années que ça dure."

Des bailleurs "trop gourmand"

Pourtant, il y a les aides du gouvernement, le prêt garanti par l'État ou le chômage partiel. Un crédit d'impôt également pour inciter les bailleurs à diminuer les loyers des commerçants. Mais tous ne jouent pas le jeu assure Pierre, un caviste de la rue de Rennes : "Mon propriétaire a été compréhensif. Il a fait un effort et je n'ai même pas eu à négocier. Je le remercie mais c'est aussi un rapport de force. Il sait très bien que le jour où il sera en position de force, il n'hésitera pas à réaugmenter mon loyer."

"Les lignes bougent quand même pas mal mais il y a des propriétaires qui ne font aucun geste."

Pierre, un commerçant

à franceinfo

"On atteint des sommets quand je parle avec mes collègues, indique le caviste. il y a beaucoup de propriétaires qui sont beaucoup trop gourmands. Et les bailleurs qui ne trouvent pas preneurs, vous demandez le prix des loyers, c’est faramineux." Des loyers qui, sur la rue de Rennes, varient de 35 000 à 80 000 euros par an, pour une boutique de 30 m².

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