Les grands patrons présentent leur pacte de compétitivité à Hollande

Dans une lettre publiée par le JDD, ils réclament une baisse massive des charges.

Pierre Pringuet, président de l\'Afep et directeur général de Pernod Ricard.
Pierre Pringuet, président de l'Afep et directeur général de Pernod Ricard. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

ECONOMIE - Les grands patrons français veulent sauver l'économie française. Ces patrons de l'Association française des entreprises privées (Afep), qui regroupe la quasi totalité du CAC 40 et des grandes entreprises françaises, exposent dimanche 28 octobre dans le Journal du Dimanche leur conception de ce que devrait être un pacte de compétitivité dans une lettre adressée à François Hollande.

François Hollande a promis jeudi un "pacte" de compétitivité de l'économie française qui ne sera pas un "choc", comme le voulait le patronat. Il s'inspirera, a-t-il assuré, des conclusions du rapport Gallois, que certains considèrent comme déjà enterré.

Relever la TVA pour baisser les cotisations sociales

"Nous, dirigeants des plus grandes entreprises privées françaises, proposons au gouvernement un pacte pour relancer la croissance et l’emploi", écrivent-ils dans cet appel qui sera envoyé au président de la République lundi.

Elle juge notamment que "l'Etat doit réaliser 60 milliards d'euros d'économies au cours des cinq prochaines années", soit 3 points de produit intérieur brut. Pour les entreprises, les grands groupes demandent une baisse des cotisations sociales de 30 milliards d'euros sur deux ans, qui viserait "les salaires moyens (2 Smic et plus)". Cette mesure qui serait financée pour moitié par un relèvement de la TVA à 21%, contre 19,6% actuellement, et pour l'autre par la baisse des dépenses publiques.

 L'Afep réclame encore une baisse de l'impôt des sociétés "au niveau de nos voisins européens".
Créer un "écosystème" propice à l'innovation
Les grands patrons français demandent aussi de promouvoir une "plate-forme pour l'emploi des jeunes". Elle doit permettre de favoriser les emplois d'insertion, les actions d'embauche inter-entreprise, le développement de l'apprentissage... Ils réclament aussi que soit mis en place un dialogue social "très en amont" pour que les entreprises puissent "s'adapter aux aléas de la conjoncture".
 
Pour promouvoir l'innovation, ils veulent "créer un véritable écosystème". Ils préconisent ainsi de "préserver le crédit d'impôt recherche" et "garantir une offre de capitaux large et dense", tout en continuant de se rapprocher du monde de la recherche publique avec les pôles de compétitivité. Ils souhaitent enfin que les moyens de l'Etat se concentrent sur "une quinzaine de secteurs d'avenir" comme la santé ou "les technologies de l'efficacité énergétique". 

Exploiter les gaz de schiste

Autres propositions susceptibles de faire polémique, les grands patrons estiment qu'"il faut se donner les moyens d’explorer et d’exploiter nos ressources nationales comme les gaz de schiste" et "rester pragmatique" dans la mise en oeuvre de la transition énergétique, "qu’il s’agisse de réduire nos émissions de CO2 ou notre exposition à la production d’électricité d’origine nucléaire".