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Combien de suppressions de postes chez Michelin ?

Les syndicats de Michelin craignent jusqu'à 3.500 suppressions de postes en France à fin 2011
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Le groupe Michelin (© France 2)
Les syndicats de Michelin craignent jusqu'à 3.500 suppressions de postes en France à fin 2011Les syndicats de Michelin craignent jusqu'à 3.500 suppressions de postes en France à fin 2011

Les syndicats estiment notamment que 2.400 à 3.500 postes seront supprimés en France d'ici à 2011. Un chiffre confirmé par la direction qui jusqu'ici ne parlait que de 1.093 réductions d'emplois dans le cadre de son plan.

Un salarié de Michelin a par ailleurs été retrouvé pendu mercredi matin sur son lieu de travail, a-t-il appris jeudi.

Un ingénieur de 55 ans, employé chez Michelin depuis 1980, s'est suicidé sur son lieu de travail au centre de recherche de Ladoux, dans le Puy-de-Dôme. De nationalité française, il dépendait cependant de la filiale allemande de l'entreprise. Une enquête de police est en cours pour déterminer l'heure précise du décès et les raisons qui l'ont poussé à mettre fin à ses jours.

Michelin avait annoncé mercredi dernier un plan de départs volontaires sur trois ans concernant 1.800 salariés en France.

"Devant le manque de justification économique du plan social et l'absence d'informations, le CCE a désigné un cabinet d'experts (Sécafi) pour éclairer les salariés", a déclaré Silvio Ciufici, élu CGT, lors d'un Comité central d'Entreprise.

Selon Cyrille Poughon (CFDT), dès le premier point de l'ordre du jour abordé, celui de la gestion prévisionnelle des emplois et compétences (GPEC), "des divergences importantes avec la direction" sont apparues.

"En observant les chiffres des documents officiels, nous nous apercevons de la véritable ampleur du plan social car il ne s'agit pas seulement de 1.093 suppressions de postes mais plutôt de près de 3.500 à fin 2011", a fustigé M. Poughon.

Mardi, les syndicats du groupe de pneumatiques ont dénoncé "l'absence de justification économique" de ce plan. Un rassemblement est prévu à midi devant le siège du CCE et un appel à la grève a été lancé par plusieurs syndicats.

La direction promet qu'il n'y aura "aucun licenciement", ce dont doutent les syndicats. Trois sites sont concernés: Tours (340 postes sur 1.300), Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire, 477 postes sur 1.400) et Noyelles-lès-Seclin (Nord, 276 postes), près de Lille, qui va fermer. Parmi les salariés touchés, 495 bénéficieront, selon la direction, de mesures d'âge (retraite anticipée, temps partiel) et 598 de reclassements internes.

L'usine de Noyelles-lès-Seclin tournait au ralenti mercredi matin. Une vingtaine de salariés se disant "en pause", déblayaient mercredi matin un tas de pneus brûlés et en préparaient un autre avec des pneus neufs en vue de l'enflammer éventuellement plus tard en fonction du résultat du CCE, à l'issue duquel une assemblée générale est prévue.

La direction a précisé que le CCE se tiendrait "toute la journée" et porterait sur "l'information et l'explication de quatre grands dossiers: la gestion prévisionnelle des emplois et compétences, le projet de spécialisation du site de Joué-les-Tours, de celui du site de Montceau-les-Mines et du plan de volontariat".

"Nous sommes tous tombés d'accord pour reconnaître que, dans les documents fournis par la direction pour la réunion du CCE, nous n'étions pas en possession des informations économiques qui justifient les mesures de son plan social", a déclaré mardi, à la sortie de l'intersyndicale, Michel Chevalier de la CGT. De ce fait, "il est impensable que le CCE émettent un avis sur ce plan, au vu de ces documents incomplets", a pour sa part souligné René Bocquier de Sud, secrétaire du CCE , indiquant que les élus demanderont mercredi "une expertise". Pour sa part, le représentant des cadres Emmanuel Pasquier (CFE-CGC) s'est félicité du "vrai dialogue constructif" au sein de l'intersyndicale et a estimé qu'il n'était "pas question de fermer la porte à la négociation" avec la direction.

Les syndicats ont également affirmé qu'ils demanderaient "le report des réunions de négociations" que la direction prévoit "lundi et mardi" prochains, et se sont déclarés "opposés au fractionnement" des discussions.

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