Taxe Tobin : Hollande et Merkel promettent, les ONG doutent

Les deux dirigeants promettent de présenter un projet de taxe sur les transactions financières avant les élections européennes. Mais les ONG regrettent l'absence de détails.

Angela Merkel et François Hollande, mercredi 19 février 2014, à l\'issue d\'un Conseil des ministres franco-allemand à Paris. 
Angela Merkel et François Hollande, mercredi 19 février 2014, à l'issue d'un Conseil des ministres franco-allemand à Paris.  (ETIENNE LAURENT / ANADOLU AGENCY)

François Hollande et Angela Merkel ont promis de présenter un projet de taxe sur les transactions financières, dite taxe "Tobin", avant les élections européennes, mercredi 19 février. Le hic, c'est qu'ils n'ont donné aucun détail concret, dénoncent les ONG, lesquelles dénoncent un "matraquage des lobbies".

"Je préfère une taxe imparfaite à pas de taxe du tout", a affirmé François Hollande, à l'issue d'un Conseil des ministres franco-allemand. De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé qu'une telle taxe serait "un signal important (...) et montrerait que les acteurs financiers ont une responsabilité". Les deux dirigeants, toutefois, sont restés évasifs sur les détails. En janvier 2012 déjà, des discussions entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n'avaient pas abouti.

Le secteur financier en campagne contre la taxe

Malgré ces avancées, les ONG restent sur leur faim. "On attendait un leadership et on ressort avec un communiqué qui n'en comporte aucune trace", s'indigne Alexandre Naulot, spécialiste de la question chez Oxfam France, qui redoute "une taxe 'a minima'". Autre zone d'ombre, l'absence de précisions sur l'affectation des recettes à la lutte contre la pauvreté, le sida ou le changement climatique, comme l'avait promis François Hollande.

Une source proche de Bercy assure pourtant que Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, "a convaincu son homologue allemand d'accepter le principe d'une taxation large de tous les produits dérivés". Ceux-ci représentent un marché très important pour la banque allemande Deutsche Bank et la française BNP Paribas. Ce qui explique que les lobbies des secteurs financiers des deux pays mènent une campagne virulente contre cette taxe.