"Dieselgate" : une action collective lancée en France contre Volkswagen

À l'automne 2015, le constructeur a reconnu avoir équipé plus de 11 millions de véhicules diesel d'un logiciel qui truque les analyses de pollution. Après sa condamnation aux États-Unis, une action collective était lancée jeudi en France.

Une concession automobile Volkswagen à Belfort, le 22 janvier 2020.
Une concession automobile Volkswagen à Belfort, le 22 janvier 2020. (LIONEL VADAM / MAXPPP)

Après avoir reconnu, à l’automne 2015, avoir équipé de logiciels truqueurs plus de 11 millions de véhicules diesel, Volkswagen a été condamnée en 2017 aux États-Unis à 10 milliards de dollars d'amende, et 15 milliards de dédommagement pour les 450 000 propriétaires. Une action collective était lancée jeudi 23 janvier en France dans le cadre d'une campagne pan-européenne par la Fondation Diesel émission justice. 

La force du nombre

Le principe est simple, plus il y aura de plaignants, plus la fondation pourra faire pression sur le constructeur. "Nous avons déjà réuni plusieurs milliers de consommateurs en Europe", explique la porte-parole de la fondation Maria José Azar-Baud.

"On pourrait déjà engager une action avec ce nombre pour prouver notre légitimité, continue la porte-parole. En revanche, nous pensons que pour convaincre Volkswagen de son intérêt de transiger, il faut que ce soit suffisamment représentatif". Car sur 8,5 millions de voitures mises en cause en Europe, "environ 1 million ont été vendus en France", souligne-t-elle.

Une action en justice possible

Si aucun accord à l'amiable n'intervient, cela se règlera en justice. La fondation s'est adjointe les services d'un cabinet d'avocat. Maître Julien Cheval a une petite idée de ce qu'il serait possible de récupérer : "En moyenne, le client a dépensé 850 euros pour remettre à jour sa voiture le cas échéant et on a des référentiels notamment par les actions collectives aux États-Unis qui nous montrent que les préjudices matériels peuvent assez rapidement tourner autour de 2 000 euros par possesseurs de véhicule truqué."

Pour avoir plus de visibilité, Familles Rurales s'est associée à la démarche. L'association de consommateurs avait pensé à une action de groupe dès 2015 mais avait reculé faute d'une évaluation du préjudice, disponible aujourd'hui.