Diesel : le gouvernement accusé d'avoir omis "des détails significatifs" sur Renault dans un rapport

Des membres de la commission d'enquête sur les émissions polluantes des moteurs diesel témoignent, anonymement, dans le "Financial Times". Ils affirment que le rapport final du gouvernement ne comprend pas toutes leurs découvertes.

Une Renault Captur exposée au salon de l\'automobile de Bruxelles (Belgique), le 20 janvier 2016.
Une Renault Captur exposée au salon de l'automobile de Bruxelles (Belgique), le 20 janvier 2016. (LAURIE DIEFFEMBACQ / BELGA MAG / AFP)

La France est-elle épargnée par le scandale des moteurs truqués ? Le rapport de la commission d'enquête sur les émissions polluantes des moteurs diesel, publié à la fin juillet, "a omis des détails significatifs" sur des véhicules du constructeur français Renault, affirme le Financial Times (article payant, en anglais), mardi 23 août. C'est ce qu'assurent trois membres de cette commission indépendante, créée à la fin 2015 par la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, après l'affaire Volkswagen.

Ces sources anonymes indiquent au quotidien britannique que le rapport final, rédigé par le gouvernement, ne comprenait pas toutes leurs découvertes. Elles évoquent en particulier le déroulement des tests du modèle Renault Captur, dont le système de dépollution du moteur effectuait des purges comme si le véhicule avait détecté qu'un essai était en cours.

Le rapport de la commission Royal a conclu à l'impossibilité de "se prononcer définitivement sur la présence ou absence de logiciels 'tricheurs' dans les véhicules testés", tout en regrettant qu'il n'ait "pas été possible d'avoir accès à l'ensemble des logiciels embarqués".

Renault dément tout trucage

"Nous ne pouvons pas être sûrs que le logiciel embarqué a détecté le test en soi, mais il semble que Renault a optimisé son filtre à oxydes d'azote pour ce type de conditions très spécifiques", explique un membre de la commission au Financial Times. Le même modèle avait fait l'objet d'un rappel dès novembre 2015, en raison d'une "erreur de calibrage" de ce même système de dépollution sur plus de 15 000 véhicules, selon le constructeur.

"Nos véhicules ne sont pas équipés de logiciels truqueurs", a répliqué un porte-parole de Renault. Selon cette source, le groupe "a pleinement coopéré avec la commission en fournissant toutes les explications techniques qui ont été demandées". Contacté, le ministère de l'Environnement a fait savoir que Ségolène Royal "fait l'expertise des propos tenus" dans le Financial Times et s'exprimera de façon officielle "dans les 48 heures".