Véhicules électriques : l'Ademe invite à limiter leur usage à des distances limitées, "type trajet domicile-travail, par exemple"

Alors que le salon de l'Automobile ouvre ses portes au public, Maxime Pasquier, chef adjoint au service transports et mobilités à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, revient sur le bilan environnemental des technologies des véhicules électriques.

Une voiture électrique en cours de recharge, à Aix-la-Chapelle, en Allemagne.
Une voiture électrique en cours de recharge, à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. (YANN SCHREIBER / AFP)
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"Le véhicule électrique a les impacts environnementaux les plus importants à la fabrication", a expliqué sur franceinfo jeudi 4 octobre Maxime Pasquier, chef adjoint au service transports et mobilités à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), alors que le salon de l'Automobile ouvre ses portes au public. Cela s'explique notamment par "l'extraction des matières actives de la batterie, qui génère des impacts environnementaux". L'Ademe préconise donc d'utiliser un véhicule électrique en remplacement d'un véhicule thermique en usage intensif mais pas pour des longues distances.

franceinfo : Les voitures électriques sont partout au salon de l'Automobile mais on en voit très peu sur nos routes aujourd'hui. Est-ce que le marché reste marginal ?

Maxime Pasquier : Il est vrai que le marché peine à décoller. Ceci étant, les signaux sont très positifs. Les constructeurs proposent désormais tous des versions électriques donc la gamme s'étoffe. A l'Ademe, nous avons étudié les freins et les leviers de croissance du véhicule électrique pour avoir une analyse un peu plus fine du marché. On s'intéresse également au bilan environnemental des technologies des véhicules de manière à pouvoir identifier leurs bonnes conditions de déploiement, c'est-à-dire quelles sont leurs bonnes conditions d'utilisation afin d'avoir une pertinence environnementale.

Comment étudiez-vous ce "bilan environnemental" des véhicules ?

Quand on cherche à dresser le bilan environnemental de ces technologies (électrique, hybride, hybride rechargeable ou thermique), on considère toutes les phases du cycle de vie du véhicule, c'est-à-dire pas seulement l'usage du véhicule mais aussi sa fabrication et sa fin de vie. On parle d'une analyse du berceau à la tombe, en prenant en considération, pour le véhicule électrique, la production et la distribution d'électricité et, pour le véhicule thermique, les impacts environnementaux liés à l'élaboration des carburants. C'est donc une vision très complète.

Que révèle cette analyse pour les véhicules électriques ?

On constate que le véhicule thermique a les impacts les plus importants à l'usage, notamment en raison des émissions de polluants à l'échappement. En revanche, le véhicule électrique a les impacts environnementaux les plus importants à la fabrication, notamment en raison de la fabrication des batteries. Dans le détail, c'est l'extraction des matières actives de la batterie qui génère des impacts environnementaux. Il y a d'ailleurs différentes technologies de batteries (...) et il y a donc une grande variation des impacts environnementaux de ces batteries. Ça nous amène à deux constats : le premier, c'est que, quitte à être fabriqué, un véhicule électrique doit se substituer à un véhicule thermique en usage intensif. Deuxièmement, plus la batterie est grosse, plus son impact environnemental va être important. On est donc dans un paradoxe, avec un véhicule électrique qui doit se substituer au véhicule thermique sur des usages intensifs mais pas sur des grandes distances parce qu'on doit maîtriser la taille de la batterie. Il faut donc des recharges quotidiennes et des usages du type trajet domicile-travail, par exemple.