Italie : Sergio Marchionne, emblématique patron de Fiat, est mort

L'Italie est en deuil après la mort de cet homme à poigne, qui a redressé Fiat.

Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler Automobiles, lors d\'une conférence de presse, à Balocco (Italie), le 1er juin 2018.
Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler Automobiles, lors d'une conférence de presse, à Balocco (Italie), le 1er juin 2018. (PIERO CRUCIATTI / AFP)

Sergio Marchionne, emblématique patron du géant automobile Fiat Chrysler (FCA) pendant quatorze ans, est mort à 66 ans mercredi 25 juillet. Sergio Marchionne était hospitalisé à Zurich (Suisse) depuis une opération de l'épaule, fin juin. Mais il a souffert de "complications inattendues" et FCA avait annoncé, samedi, qu'il ne reviendrait pas à la tête du groupe.

"Malheureusement, ce que nous craignions est arrivé. Sergio Marchionne, l'homme et l'ami, est parti. Je pense que le meilleur moyen d'honorer sa mémoire est de construire sur l'héritage qu'il nous a laissé, cultiver [ses] valeurs d'humanité, de responsabilité et d'ouverture morale", a déclaré John Elkann, patron d'Exor, la holding de la famille Agnelli, propriétaire historique de Fiat.

A Rome, les députés italiens ont observé une minute de silence, qui s'est terminée par des applaudissements. "L'annonce de sa disparition nous peine et laisse un vide en tous ceux qui ont connu et apprécié ses qualités humaines, intellectuelles et professionnelles, a salué le président italien, Sergio Mattarella. Marchionne a écrit une page importante de l'histoire de l'industrie italienne", a-t-il ajouté.

L'homme qui a sauvé Fiat de la faillite

Sergio Marchionne est l'homme qui a sauvé Fiat de la faillite. C'est le patriarche Gianni Agnelli qui avait choisi, avant sa mort, cet Italo-Canadien peu connu, alors à la tête du groupe suisse SGS, pour reprendre en 2004 les rênes du constructeur turinois au bord du gouffre. Il avait alors vite conquis politiciens, médias et syndicalistes en Italie, fascinés par sa capacité à sauver le plus grand groupe du pays sans suppressions massives d'emplois.

Réduction de coûts, nouveaux modèles, attention portée au design : dès 2005, il avait fait sortir Fiat du rouge après quatre ans de pertes. En 2009, il avait ajouté une dimension internationale à la marque italienne en s'alliant à l'américain Chrysler, avec pour objectif de faire du groupe Fiat Chrysler Automobile (FCA), qui possède notamment les marques Alfa Romeo Lancia, Jeep, Maserati, l'un des premiers constructeurs au monde.