Nouvelle hausse des prix des carburants : "Depuis plusieurs jours on a pris à peu près quatre dollars sur le prix du baril de pétrole, soit environ 4 centimes", précise le syndicat Mobilians

Après un mois de baisse ininterrompue, les prix moyens des carburants routiers sont repartis à la hausse la semaine dernière, selon des chiffres arrêtés vendredi et communiqués par le ministère de la Transition écologique.

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Radio France
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Pistolets de carburant dans une station-service, le 15 août 2021. (Louise Thomann RADIO FRANCE)

"Depuis plusieurs jours on a pris à peu près quatre dollars sur le prix du baril de pétrole, soit environ 4 centimes", a expliqué lundi 3 octobre sur franceinfo Francis Pousse, président national de la branche distributeurs carburants et énergies nouvelles au syndicat Mobilians et propriétaire d’une station Esso à Arnage, dans la Sarthe.

franceinfo : Comment se fait-il que le prix des carburants augmente de nouveau ?

Francis PousseC'est lié aux fluctuations du cours du baril de pétrole. Depuis plusieurs jours on a pris à peu près quatre dollars sur le prix du baril de pétrole. On a un euro qui n'a jamais été aussi faible et comme on achète en dollars on a une double peine. On dit généralement qu'une hausse de un dollar correspond à un centime. Donc, là on a une hausse de quatre centimes. Cette situation est liée à diverses situations géopolitiques, comme les élections du Brésil et à la situation russe qui est assez mouvante.

Combien de temps cela va-t-il durer ?

Ce que l'on remarque depuis des années, c'est que chaque évènement international a des conséquences dans un sens ou dans l'autre. Quand on vous dit que l'économie de la Chine diminue, c'est bon pour le pétrole. Mais un raffermissement de l'économie a tendance à faire augmenter le cours du baril puisque c'est le principe de l'offre et de la demande.

Les pays exportateurs de pétrole envisagent de diminuer la production. Est-ce que cela va faire augmenter les prix des carburants ?

Oui, malheureusement. On a été durablement au-dessus de 100 dollars il y a quelques temps, le prix a baissé mais ça n'arrange pas forcément les pays producteurs puisque, pour beaucoup, leur économie est basée sur le pétrole.

Total a fait des remises sur les carburants. Pensez-vous que le groupe va pérenniser cette remise ?

Au gouvernement, on m'a dit qu'une entreprise commerciale faisait les remises qu'elle voulait. C'est une grosse remise [20 centimes par litre], la preuve, personne d'autre n'a pu suivre y compris les grandes surfaces. Donc, c'est un peu inéquitable pour les autres stations. Il faut voir mais je ne suis pas sûr que Total pérennise. On parle d'un dispositif européen de taxation ou de contribution à l'égard des énergéticiens.

Est-ce que des stations ont souffert des remises offertes par Total ? Certaines vont-elles fermer ?

C'est à craindre. Après 15 jours d'activité en septembre, parmi les gens qui sont hors Total, 50% déclarent des volumes en baisse qui vont de l'ordre de 30 à 40%. Malheureusement ce sont souvent les plus petits qui sont touchés. En station rurale le prix est un peu plus élevé qu'en station urbaine et fatalement on comprend que le consommateur cherche le meilleur prix.

Si le prix des carburants continuent d'augmenter, allez-vous demander au gouvernement de poursuivre sa remise de 30 centimes à partir du 1er novembre, date à laquelle elle doit passer à 10 centimes ?

Malheureusement, je pense que ce n'est pas nous qui serons entendus. Ce qui va peser c'est plutôt la pression des négociations à l'occasion du projet de loi de finances 2023. De l'autre côté c'est le budget de l'Etat, les opérations de remises sur l'année entière devraient coûter 2,8 milliards au gouvernement et il faudra bien le trouver ailleurs.

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