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Pourquoi l'essence n'a jamais été aussi chère en France

Selon le ministère du développement durable, les prix de l'essence ont dépassé leur précédent record datant de mai 2011. Le super sans plomb 95 atteint ainsi 1,5563 euro.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le prix du sans plomb 95 atteint des records. (OJO IMAGES /GETTY IMAGES)

Le prix de l'essence à la pompe n'a jamais été aussi haut en France. C'est le ministère du Développement durable qui le révèle sur son site, lundi 16 janvier 2011, en publiant son dernier relevé hebdomadaire.

Ainsi, vendredi dernier, le prix du super sans plomb 95 a atteint, en moyenne, 1,5563 euro par litre. Le litre du super sans plomb 98 valait, lui, 1,5954 euros. Des chiffres plus élevés que le dernier record des prix de l'essence atteint en mai 2011. Pourquoi une telle flambée? FTVi fait le point.

• Parce que l'euro est particulièrement bas  

La crise de la zone euro affaiblit la valeur de la monnaie unique. Vendredi, 1 euro valait 1,2624 dollar, soit le plus bas niveau de la monnaie européenne depuis août 2010. De quoi alourdir le coût de l'or noir importé en France, une fois son prix en dollar converti en euro.

L'abaissement par l'agence de notation financière Standard & Poor's des notes souveraines de neuf pays de la zone euro, dont la France, ne devrait pas arranger la donne. 

• Parce que l'Iran accentue ses menaces sur le détroit d'Ormuz 

Alors que l'Union européenne menace d'imposer un embargo total sur le brut iranien pour contraindre Téhéran à interrompre son programme nucléaire, le régime de Mahmoud Ahmadinejad menace de fermer le détroit d'Ormuz, voie stratégique par laquelle transite 35 % du trafic pétrolier maritime mondial.

L'Iran a même lancé dimanche un avertissement aux monarchies du Golfe, les pressant de ne pas compenser le manque de brut résultant de nouvelles sanctions occidentales. Cette "guerre des mots" entre les Occidentaux et l'Iran devrait continuer de maintenir une prime de risque sur les prix du pétrole, soulignent des analystes de Commerzbank.

 • Parce que la situation reste tendue au Nigeria

Le président Goodluck Jonathan a beau avoir annoncé lundi une baisse du prix de l'essence, parvenant à stopper la grève générale, des manifestations se poursuivent dans la capitale économique, Lagos. 

Le principal syndicat du secteur pétrolier, Pengassan, n'a pas, pour le moment, mis à exécution sa menace de fermer les puits du pays, premier producteur africain de brut. Le syndicat attend de voir comment la situation évolue dans le pays. Mais le fait que cette menace reste en suspens contribue à rendre les investisseurs nerveux.

Selon les analystes, la hausse des prix des carburants est ainsi partie pour durer. L'espoir pourrait toutefois venir de Libye, qui retrouvera bientôt des niveaux d'avant la guerre de 2011, comme l'expliquait vendredi sur France Info Jean-Louis Schilansky, le président de l'Union française des industries pétrolières.

 

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