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"Gilets jaunes" : Pro et anti-blocages sont en train de "se couper en deux"

Alain, 23 ans, "gilet jaune" à Angers explique à franceinfo qu'une partie des manifestants se sent "un peu perdue" parce qu'"assimilée à un mouvement extrême".

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Radio France
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Manifestation des "gilets jaunes" à Angers le 19 novembre 2018. (JOSSELIN CLAIR / MAXPPP)

Au quatrième jour de la mobilisation des "gilets jaunes" et alors qu'un appel au blocage de Paris a été lancé pour samedi prochain, une scission semble s'opérer entre pro et anti-blocages au sein des manifestants.

Alain*, 23 ans, vient de terminer des études de commerce, et fait partie d'un groupe improvisé d’une vingtaine de "gilets jaunes" à Angers, dans le Maine-et-Loire. Il a affirmé mardi 20 novembre sur franceinfo que le mouvement était "en train de s'organiser en deux groupes différents". Cette scission s'explique, selon Alain, par le fait que certains "gilets jaunes" "se sentent un peu perdus parce qu'ils sont assimilés à un mouvement extrême". 

franceinfo : Où en est votre mobilisation sur Angers ?

Alain : On a eu une réunion. Ce qui en ressort, c'est qu'il y a deux groupes qui sont en train de se séparer. Un groupe qui veut vraiment effectuer des blocages, bloquer l'économie, les raffineries, et un groupe qui veut faire passer des messages sans faire de blocages.

Dans quel groupe êtes-vous ?

Je suis dans le groupe qui n'effectue pas de blocages. L'avantage c'est que ce groupe est en train de grossir, parce que le souci avec les personnes qui font des blocages - et j'ai beaucoup d'admiration pour eux parce qu'ils sont déterminés - c'est que c'est épuisant. Ils restent jour et nuit, c'est extrêmement fatiguant pour eux. C'est aussi pour cela qu'on est en train de faire un deuxième groupe qui fera beaucoup moins de blocages, beaucoup plus d'information auprès des automobilistes. Ce groupe est rejoint par de plus en plus de personnes, dont des étudiants et des chefs d'entreprises.

Votre prudence est-elle liée aux problèmes de sécurité ?

C'est quelque chose qu'on prend beaucoup en compte. Il est vrai que dans les deux groupes, il y a cette notion de sécurité qui est très importante. On essaye toujours, sur les points de blocages ou sur les barrages filtrants, d'être en relation avec la police. On est encadrés par la police dans le bon sens du terme. Cela se passe pour l'instant très bien.

Cette scission est-elle une tendance nationale ?

On a besoin de cette séparation parce qu'il y a beaucoup de personnes qui n'ont jamais manifesté comme moi, et qui se sentent un peu perdues parce qu'elles sont assimilées à un mouvement extrême. Elles ont envie de manifester comme samedi, mais n'ont pas envie que cela se fasse dans ces conditions. C'est pour cela que l'on recrée un groupe.

Faut-il organiser le mouvement ?

C'est ce qu'on est en train de créer. C'est en train de s'organiser, de faire quelque chose de plus sensé et avec une parole commune, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

*Le prénom a été modifié.

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