Blocage des dépôts pétroliers : il n'y a "aucune inquiétude" sur le niveau des stocks, selon le gouvernement

Le dépôt pétrolier de Lorient (Morbihan) reste le seul encore bloqué mardi par les professionnels du BTP. Ils protestent contre la suppression d'un avantage fiscal sur le gazole.

Un dépôt pétrolier à Donges (Loire-Atlantique), le 2 décembre 2019.
Un dépôt pétrolier à Donges (Loire-Atlantique), le 2 décembre 2019. (LOIC VENANCE / AFP)

Faut-il craindre des pénuries d'essence à la pompe ? Le niveau des stocks de carburants "ne donne lieu à aucune inquiétude", a affirmé le gouvernement, mardi 3 décembre, dans un contexte de blocages de dépôts pétroliers dans l'ouest de la France et de la grève qui débute jeudi.

>> CARTE. Quelles sont les stations-service touchées par la pénurie d'essence après les blocages des dépôts pétroliers ?

Mardi soir, le dépôt pétrolier de Lorient (Morbihan) reste le seul encore bloqué par les professionnels du BTP qui protestent contre la suppression d'un avantage fiscal sur le gazole. Les accès de quatre des cinq dépôts bloqués dans l'Ouest ont été libérés.

Trois mois de réserve de carburants

Un porte-parole du ministère de la Transition écologique a imputé les pénuries d'essence dans plusieurs stations de l'Ouest à "l'affluence des automobilistes par crainte de difficultés [qui] peut créer des points de tension sur certaines stations-service". Mais "il n'y a pas de manque de stocks de produits dans ces régions", a-t-il insisté. Concernant la grève à partir de jeudi, le ministère assure qu'il "suit en permanence la disponibilité des produits pétroliers dans les dépôts et leur acheminement jusqu'aux consommateurs".

La France compte sur son sol sept raffineries et 200 dépôts, dont 90 dépôts principaux. Ils alimentent un réseau de 11 000 stations-service, qui disposent chacune dans leurs cuves d'une autonomie de deux ou trois jours, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip). En temps normal, un automobiliste fait son plein toutes les deux semaines en moyenne mais, en cas de grève, il peut y avoir jusqu'à cinq fois plus de pleins dans les stations de certaines zones.

Pour éviter une pénurie, la France dispose de trois mois de réserve de carburants appelés stocks stratégiques, qui peuvent être débloqués sur demande du gouvernement. Mais, pour l'instant, "les stocks sont bons, donc la question de stocks stratégiques ne se pose absolument pas", selon le ministère de la Transition écologique. En cas de crise grave, les pouvoirs publics peuvent prendre une série de mesures : rationnement, réquisitions pour assurer les services publics (véhicules de pompiers, gendarmerie, etc.), voire protection des sites sensibles par les forces de l'ordre.