Trois questions sur le "rétrofit" que Valérie Pécresse souhaite développer

La présidente de la région Ile-de-France veut promouvoir cette technique qui permet de transformer une voiture thermique en véhicule électrique.    

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Radio France
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Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, invitée de franceinfo, jeudi 17 septembre 2020. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Invitée de franceinfo, Valérie Pécresse a affirmé jeudi 17 septembre 2020 qu’elle "voudrait développer une filière industrielle du 'rétrofit' des véhicules thermiques" pour permettre à plus de Franciliens de passer à la voiture électrique. On vous explique en quoi consiste cette technique.  

Comment ça marche ?  

Il s’agit d’une astuce mécanique qui permet de transformer un véhicule essence ou diesel en véhicule électrique. Cette transformation est légale depuis la publication d’un décret du 3 avril 2020, alors que la France faisait face au pic de l’épidémie de coronavirus. Le décret est passé relativement inaperçu. Sont concernés les voitures, véhicules utilitaires, camions, bus et cars de plus de cinq ans ainsi que les deux ou trois roues motorisées de plus de trois ans. Le "rétrofit" permet à des personnes de passer à l'électrique en limitant les coûts et en gardant leur voiture.

Pour pouvoir transformer son véhicule, il est nécessaire de trouver une entreprise habilitée, qui a reçu l'autorisation d'homologation. Ces professionnels sont réunis dans l'AIRe  (Acteurs de l'industrie du rétrofit électrique). Une fois à l’atelier, la voiture est en quelque sorte transplantée. Les professionnels extraient la mécanique d'origine, moteur, réservoir et pot d'échappement. Ils vont les remplacer par le moteur électrique, la batterie et un boîtier électronique destiné à piloter cette nouvelle motorisation. Ces nouveaux équipements ne doivent pas déséquilibrer le véhicule. La répartition d'origine des masses de la voiture doit être respectée. La transformation du véhicule prend une vingtaine d'heures.  

Combien ça coûte ? 

En dehors des gains sur le plan de la qualité de l’air, la voiture concernée ne part pas à la casse ; sa durée de vie est prolongée. La technique permet de faire rouler une voiture ancienne qui ne pourrait plus circuler en ville à plus ou moins courte échéance en raison des nouvelles normes environnementales. Par ailleurs, le stationnement d'une voiture électrique est gratuit dans certaines villes. Enfin, l'opération permet d'éviter l'achat d'une voiture électrique dont les prix dépassent allègrement les 21 000 euros. Le "rétrofit" coûte actuellement environ 14 000 euros, ce qui est une somme importante, mais la voiture transformée peut bénéficier de la prime à la conversion dans la limite de 5 000 euros.

De son côté Valérie Pécresse espère à terme une baisse drastique des coûts. "Nous ce qu'on propose ce serait 2 500 euros d'aide pour que des personnes qui ont une voiture de pus de cinq ans puissent changer de moteur pour passer au moteur électrique. Aujourd'hui, cette filière de 'rétrofit' est chère, entre 10 000 et 15 000 euros, mais ce que nous disent les industriels c'est 'si vous nous aidez, si vous nous apportez du marché, hé bien pour 'rétrofiter' une Clio, ça pourrait coûter 5 000 euros seulement à la fin, une fois qu'on aura industrialiser le process'. Et donc nous, on donnerait la moitié", a expliqué la présidente de la région Ile-de-France

Où en est la filière dans le monde aujourd'hui ? 

Grâce au décret du 3 d'avril 2020, le marché commence à émerger. On estime que 5 500 emplois pourraient être créés dans ce secteur. Le "rétrofit" existe dans une quarantaine de pays, dont les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le plus glamour des exemples de "rétrofit" a été donné en 2018 lors du mariage de Meghan Markle et du prince Harry quand le couple avait quitté le château de Windsor. Les jeunes mariés étaient partis au volant d'une Jaguar cabriolet datant de 1968, qui avait été préalablement transformée en voiture électrique. 

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