"J'ai l'impression que rien n'a changé, ce n'est pas ça la solution" : à Rome, la journée sans voiture diesel ne convainc pas tous les habitants

Pour lutter contre les pics de pollution à répétition ces dernières semaines, la maire de Rome a décidé d’interdire, un peu tard, la circulation des voitures diesel dans la ville ce mardi.

Cette interdiction ne concerne pas les bus, les taxis ni les transports publics.
Cette interdiction ne concerne pas les bus, les taxis ni les transports publics. (BEATE SCHLEEP / DPA)

Un million de voitures diesel n’auraient pas dû circuler aujourd’hui dans les rues de Rome. Mais la maire de la ville, Virginia Raggi, l’a annoncé seulement la veille, le lundi 13 janvier. La raison de cette mesure : depuis plusieurs semaines maintenant, le nord de l'Italie et désormais le centre sont en alerte pollution. Lorenzo est taxi depuis six ans, il n’a pas semblé voir de différence mardi matin : "Non je n'ai pas vraiment vu de changement sur la route et sur le trafic", assure-t-il.

J'ai l'impression que rien n'a changé ! Ce n'est pas ça la solution. Pour résoudre le problème il faut des transports publics à énergie propre selon moi !Lorenzo, taxià franceinfo

Cette interdiction ne concerne pas les bus, les taxis ni les transports publics. Elle est appliquée lors des heures de pointe, le matin et en fin de journée.

Des grandes villes italiennes touchés par des pics de pollution

Les transports en commun écologique ne sont pas légions à Rome, où encore les deux tiers des bus roulent au gasoil. Mirko, lui, se déplace en voiture électrique. Ce livreur a vu un peu moins de trafic le long du Tibre, d’habitude totalement bouché.

Interdire le diesel est donc une solution, mais il faut aller encore plus loin, affirme cet Italien : "C'est fondamental parce que la santé doit passer avant tout." Il poursuit : "Mais pour faire une vraie révolution, il faut que tout soit piéton, que puissent seulement circuler les voitures électriques et hybrides et que les transports en commun et les taxis soient eux aussi électriques. C'est ça l'avenir !"

Selon une étude, sept Italiens sur dix se disent prêt à renoncer ou réduire fortement l’usage de la voiture mais beaucoup rappellent aussi que le chauffage est responsable de 60% de la pollution. À Rome, par exemple, il est interdit de chauffer sa maison ou son appartement plus de douze heures par jour.

Les niveaux de pollution ont également augmenté dans d'autres villes italiennes comme à Milan, Turin, Florence, Parme, et Modène. Des mesures similaires ont été prises dans ces villes, mais elles sont moins restrictives qu'à Rome.