Diesel : 60 000 Audi concernées par de nouvelles "irrégularités"

La fraude concernerait le système antipollution des Audi A6/A7.

La nouvelle Audi A6 exposée au salon de Genève (Suisse), le 6 mars 2018.
La nouvelle Audi A6 exposée au salon de Genève (Suisse), le 6 mars 2018. (HAROLD CUNNINGHAM / AFP)

Nouveau pépin pour le groupe Volkswagen. Le constructeur automobile Audi, marque du groupe allemand déjà empêtré dans le scandale du "dieselgate", a annoncé, mardi 8 mai, avoir interrompu la livraison aux clients de certains véhicules de modèles A6/A7 après avoir "découvert des irrégularités" sur des moteurs diesel. "Les irrégularités concernant le logiciel de pilotage des moteurs diesel V6 ont été découvertes lors de contrôles dans le cadre de l'enquête interne sur le diesel", indique le groupe dans un communiqué.

L'agence fédérale de l'automobile KBA a de son côté annoncé avoir lancé une enquête sur "des soupons de manipulation des véhicules de modèles A6/A7, concernant 33 000 véhicules en Allemagne et environ 60 000 en tout". "Soixante mille voitures sont concernées dans le monde", confirme le constructeur, précisant cependant que "les véhicules aux Etats-Unis ne sont pas touchés". La KBA n'a pas indiqué si elle envisageait ou non le rappel de ces voitures. Le constructeur a indiqué qu'une mise à jour de son logiciel serait mise à disposition "en concertation avec ou sur ordre des autorités".

Une fraude sur le système antipollution

Selon le journal allemand Der Spiegel, la fraude concerne le système antipollution AdBlue, un liquide qui "aspire" le dioxyde d'azote (NO2). Le système de gestion du moteur fait en sorte que ce liquide, onéreux, soit injecté en moindre quantité dans le pot catalytique pour en limiter la consommation entre deux inspections techniques, ce qui émet plus de gaz polluants, affirme Der Spiegel.

La justice allemande a perquisitionné en février et en avril les domiciles et les lieux de travail d'employés d'Audi en Allemagne, dans le cadre du vaste scandale dit du "dieselgate", qui secoue le secteur depuis 2015. Volkswagen a reconnu à l'automne 2015 avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu'à 40 fois les normes autorisées. Ce scandale a déjà coûté au constructeur plus de 25 milliards de dollars en rappels de véhicules et procédures judiciaires.