Renault : Carlos Ghosn reste PDG du groupe, le numéro 2 Thierry Bolloré assurera l'intérim

Le conseil d'administration de la marque au losange a confié, "à titre provisoire" la direction exécutive du groupe Renault à son directeur général adjoint, qui disposera des "mêmes pouvoirs" que Carlos Ghosn, actuellement en garde à vue au Japon.

Thierry Bolloré, directeur général adjoint de Renault, à Paris, le 4 juillet 2018.
Thierry Bolloré, directeur général adjoint de Renault, à Paris, le 4 juillet 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Renault ne veut pas rester au point mort. A l'issue d'une réunion extraordinaire de son conseil d'administration, mardi 20 novembre, la marque au losange a confié, "à titre provisoire"la direction exécutive du groupe à Thierry Bolloré, jusqu'ici directeur général adjoint. Dans son communiqué, Renault précise qu'il disposera des "mêmes pouvoirs" que Carlos Ghosn, actuellement en garde à vue au Japon.

Cette nomination sans surprise de Thierry Bolloré épouse le souhait énoncé par le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire de mettre immédiatement en place un intérim à la tête du constructeur, dont il détient 15% du capital. "Monsieur Ghosn, temporairement empêché, demeure président-directeur général", souligne le constructeur automobile français.

Lâché par Nissan et Mitsubishi

Le conseil d'administration du groupe Renault n'a donc pas souhaité destituer officiellement Carlos Ghosn de ses fonctions. "A ce stade, le conseil n'est pas en mesure de se prononcer sur les éléments dont disposeraient Nissan et les autorités judiciaires japonaises à l'encontre de Monsieur Ghosn", fait-il valoir, tout en demandant à son allié "de lui transmettre" les résultats "des investigations internes dont Monsieur Ghosn a fait l'objet".

Lâché par Nissan et Mitsubishi, qui souhaitent le "démettre rapidement" de ses fonctions, Carlos Ghosn, considéré à 64 ans comme un des plus puissants capitaines d'industrie au monde, est toujours détenu à Tokyo, où il a été arrêté lundi en descendant de son jet privé. La justice japonaise lui reproche d'avoir "conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015", en ne déclarant que la moitié de ses revenus.