Affaire Carlos Ghosn : un ancien détenu raconte les conditions de détention à la prison de Tokyo

Carlos Ghosn, l’ancien dirigeant de Nissan, a été démis de ses fonctions jeudi 22 novembre. En détention depuis le début de la semaine à Tokyo, il pourrait y rester jusqu'à 23 jours, dans des conditions difficiles à supporter.

L\'entrée du centre de détention de Tokyo, où Carlos Ghosn est retenu. 
L'entrée du centre de détention de Tokyo, où Carlos Ghosn est retenu.  (FRANCK ROBICHON / MAXPPP)

Les médias japonais s’en délectent. Carlos Ghosn, le grand patron aux goûts de luxe, accusé de faire payer son train de vie par l’entreprise japonaise Nissan, dort dans une cellule grande comme deux tatamis, c’est à dire 6,5 mètres carrés. Détenu à la prison de Kosuge, au nord de Tokyo, il est avec les condamnés à mort.

Isolement total

Les conditions sont spartiates : un futon, des toilettes ouvertes dans la cellule, et une petite table basse, et c’est tout. Rien de particulier jusqu’ici. Mais les règles imposent une pression psychologique difficile à supporter explique un français qui y a passé trois mois, il y a quelques années. "Vous êtes tout seul, sans possibilité de mettre le dos contre le mur. Assis en tailleur de 9h à 17h, témoigne-t-il. C'est particulièrement difficile. Leur système consiste à priver les détenus de tous leurs sens. Nous sommes à l'isolement total : sans communication, sans lecture, sans entendre quoi que ce soit, sans toucher ni quoi que ce soit, ni personne. Dans un silence de mort."

Carlos Ghosn pourrait être détenu 23 jours, voire encore plus s’il était arrêté à nouveau.D’après un connaisseur du système judiciaire, Carlos Ghosn aurait pu être interrogé dans un commissariat où les conditions sont moins dures. Le choix de l’envoyer directement dans cette prison n’est pas anodin, il s’agit de le mettre sous un maximum de pression. Car outre les règles strictes, la lumière qui reste allumée en permanence, la police peut décider de l’interroger à tout moment de la journée, ou de la nuit.

Carlos Ghosn pourrait sortir à tout moment, s’il reconnaît les faits qui lui sont reprochés. C’est bien là le but de cette pression psychologique : au Japon, la reine de la preuve, c’est l’aveux.