Affaire Carlos Ghosn : un actionnaire de Renault porte plainte à Paris

Cet actionnaire individuel veut obtenir réparation pour la chute du titre du constructeur entraînée par l'annonce, lundi, de l'arrestation du PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Le logo de Renault à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), le 15 janvier 2016.
Le logo de Renault à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), le 15 janvier 2016. (LOIC VENANCE / AFP)

Deux jours après l'arrestation au Japon de Carlos Ghosn, un actionnaire de Renault a porté plainte à Paris, mercredi 21 novembre, pour "abus de bien social" et "diffusion de fausse information au marché". Cet actionnaire individuel veut obtenir réparation pour la chute du titre du constructeur entraînée par l'annonce, lundi, de l'arrestation du PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. A la Bourse de Paris, le titre Renault avait regagné du terrain mercredi (+1,10% à 59 euros), après avoir perdu plus de 9% depuis lundi. L'avocat du plaignant, Frederik-Karel Canoy, dit représenter une "dizaine" d'autres actionnaires souhaitant porter plainte à leur tour.

Possible transmission au parquet financier

Le parquet japonais reproche à Carlos Ghosn d'avoir "conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015", en déclarant une somme totale de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros) au lieu de près de 10 milliards de yens. En s'appuyant sur cette accusation, cette plainte contre X a été déposée pour tenter d'obtenir l'ouverture d'une enquête pour "abus de bien social" et "diffusion de fausse information au marché", un délit boursier. Par conséquent, la question se pose d'une éventuelle transmission de la plainte au parquet national financier, qui a compétence exclusive en matière de délits boursiers.

Quant à l'abus de bien social, la plainte dénonce "des rémunérations semblant excessives" et "l'achat de luxueuses résidences" mises à disposition de Carlos Ghosn dans quatre pays et financées par une filiale de Nissan, comme l'ont rapporté les médias japonais. Pour Frederik-Karel Canoy, "il n'y a aucune raison que les actionnaires ayant fait confiance à Renault, qui est une société solide, subissent de plein fouet la perte de sa valeur en Bourse malgré ses résultats dithyrambiques annoncés".