Affaire Carlos Ghosn : son épouse lance un appel au président Macron

L'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn est toujours assigné à résidence au Japon. Sa femme demande à Emmanuel Macron "d'intercéder" auprès du Premier ministre japonais.

Carlos et Carole Ghosn, à Tokyo, le 3 avril 2019.
Carlos et Carole Ghosn, à Tokyo, le 3 avril 2019. (KAZUHIRO NOGI / AFP)

La femme de Carlos Ghosn, toujours assigné à résidence au Japon, lance un appel au président Macron pour qu'il évoque avec le Premier ministre japonais le "traitement injuste" que subit son mari. Alors que le président français doit rencontrer Shinzo Abe ce week-end lors du G7 à Biarritz, Carole Ghosn dénonce "le système japonais de 'justice des otages'" qui va bien au-delà le cas de [son] mari et devrait interpeller le gouvernement français".

Dire que les conditions de mise en liberté sous caution de mon mari sont cruelles et inhabituelles serait un euphémisme. La justice japonaise n’est pas alignée sur les standards des autres pays du G7Carole Ghosn

L'ancien président de Renault-Nissan est toujours assigné à résidence, "sans date de procès", explique Carole Ghosn, qui souligne que son mari est toujours soumis à une interdiction de tout contact avec elle depuis 140 jours. "Je demande au président Macron d'intercéder en faveur de mon mari auprès du Premier ministre Abe, poursuit Carole Ghosn, pour veiller à ce que ses droits soient respectés. Carlos mérite un procès équitable, qui commence par des conditions de liberté sous caution justes et la fixation d'une date de procès."

"C'est un droit fondamental qui est reconnu même aux prisonniers dans ce qu'on appelle les 'Mandela rules', les 'règles Mandela', renchérit François Zimeray, l'un des avocats de Carlos Ghosn. "Le Japon a ratifié les grands traités internationaux sur les droits de l'homme, rappelle-t-il. Le G7 c'est quand même le lieu où se réunissent des nations qui ont en commun un certain nombre de valeurs. Lorsqu'un Français est pris en otage quelque part, lorsqu'un de nos concitoyens subit manifestement un régime qui n'est pas conforme aux droits fondamentaux, il est fréquent que les autorités le signalent, fassent part de leur étonnement, voire de leur protestation aux autorités du pays". 

Un premier appel à Donald Trump 

La femme de l'ex-patron de Renault-Nissan avait déjà accordé une interview à la BBC en juin dernier où elle appelait Donald Trump à intervenir auprès du Premier ministre japonais, afin de garantir "un procès équitable" à son mari. 

En mars dernier, la justice japonaise avait accepté la demande de remise en liberté de Carlos Ghosn contre une caution de huit millions d'euros environ. Depuis, il doit obéir à un contrôle judiciaire rigoureux. Son logement est surveillé, ses moyens de communication sont limités et ses déplacements réduits. La sortie du territoire japonais est notamment exclue.