Areva : une grève pour peser sur les décisions de l’Etat

Ce mardi, les salariés d’Areva en France sont appelés à la grève. L’intersyndicale veut mettre la pression pour connaître les intentions de la direction et du gouvernement. Le groupe a annoncé début mai la suppression de 3.000 à 4.000 postes.

("C'est le moment de mobiliser car on peut peser sur les choix qui vont être faits", dit la CFDT © Maxppp)

Les 30.000 salariés d'Areva en France sont appelés à la grève ce mardi. Un mois après l'annonce de 3.000 à 4.000 suppressions d'emplois au sein du groupe dans l'Hexagone et à la veille d'une réunion de travail à l'Elysée autour de François Hollande en présence de tous les ministres concernés par la filière nucléaire, les syndicats d'Areva espèrent faire entendre leurs voix et peser sur les décisions que prendra l'Etat actionnaire à hauteur de 87%.

 

"C'est un peu comme si un médecin prescrivait un remède avant d'avoir posé le diagnostic sur un patient" dit l'intersyndicale d'Areva. L'ancien fleuron du nucléaire tricolore est malade de ses finances et cherche désespérément de l'argent frais. Mais sa stratégie pour sortir de l'ornière, elle, n'est pas encore définie. Les syndicats considèrent les milliers de suppressions de postes annoncés par la direction comme un signal envoyé aux investisseurs.

 

Et les salariés de l'intersyndicale ne veulent pas payer le prix fort sans rien connaître des intentions du groupe. Ce qui semble se profiler les inquiètent, un démantèlement pur et simple d'Areva avec la vente de la division réacteurs à EDF. Une option étudiée extrêmement sérieusement en ce moment par le gouvernement. Une fausse bonne idée, selon les syndicats car elle pose à terme des problèmes de concurrence et fera perdre des parts de marché à Areva. "C'est le moment de mobiliser car on peut peser sur les choix qui vont être faits ", dit Jean-Pierre Bachmann est le coordinateur de la CFDT, premier syndicat du groupe.