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Angela Merkel a déclaré vendredi à Bruxelles qu'elle soutenait l'idée de limiter les bonus bancaires excessifs

Rejoignant Londres et Paris, qui ont décidé d'imposer les bonus 2009 des banquiers, la chancelière allemande a toutefois ajouté qu'un tel dispositif était compliqué à mettre en oeuvre dans la législation allemande.A Londres, Jean-Claude Trichet a appelé vendredi les banques à gonfler leurs capitaux plutôt que payer des bonus.
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Angela Merkel (France 2)

Rejoignant Londres et Paris, qui ont décidé d'imposer les bonus 2009 des banquiers, la chancelière allemande a toutefois ajouté qu'un tel dispositif était compliqué à mettre en oeuvre dans la législation allemande.

A Londres, Jean-Claude Trichet a appelé vendredi les banques à gonfler leurs capitaux plutôt que payer des bonus.

Le président de la BCE, qui s'exprimait vendredi lors d'une conférence organisée par le magazine The Economist, a enjoint "les banques à tirer pleinement avantage de la récente amélioration de leur rentabilité pour renforcer leurs capitaux, plutôt que de distribuer une large part de leurs bénéfices ou de payer des niveaux immérités de rémunération ou de bonus". "Des bilans renforcés aideront les banques à remplir leur fonction essentielle dans l'économie, c'est-à-dire prêter", a souligné M. Trichet.

De son côté, la chancelière allemande indiquait à Bruxelles vendredi que les seuls engagements pris par les banques pour lutter contre l'inflation de ces bonus ne résoudraient pas tous les problèmes.

Après la décision des autorités britanniques mercredi de taxer à 50% les bonus versés en 2009 par les banques opérant sur leur territoire, la France a annoncé qu'elle appliquerait la même taxation exceptionnelle, selon des modalités à préciser dans une loi de finances rectificative début 2010.

La France et l'Allemagne emboîtent ainsi le pas au Royaume-Uni pour taxer les bonus des banquiers. En France cette taxe interviendra si les bonus des banquiers sont supérieurs à 27.000 euros, affirmaient jeudi 'Les Echos' sur leur site internet.

Une information partiellement confirmée par l'Elysée qui a souligné que "la forme n'est(ait) pas arrêtée". "Le président Sarkozy est d'accord pour taxer les bonus, comme le montre sa tribune avec le Premier ministre britannique Gordon Brown dans le 'Wall Street Journal', mais la forme n'est pas arrêtée", a déclaré l'Elysée.

Selon 'Les Echos', la taxation sera supportée par les banques et la mesure sera votée soit dans le collectif budgétaire 2009 dont l'examen a commencé mercredi à l'Assemblée nationale, soit dans la prochaine loi de régulation bancaire.

La Grande-Bretagne va taxer les bonus
Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a annoncé mercredi la création d'une taxe temporaire sur les bonus. La taxe touchera les bonus que devront acquitter "toutes les banques opérant au Royaume-Uni" et qui verseront des primes dépassant 27.500 euros à leurs employés jusqu'au 5 avril 2010. Elle s'élèvera à 50% du montant des primes, et devrait rapporter au fisc plus de 600 millions d'euros, selon Alistair Darling.

Le ministre des Finances, qui a annoncé cette taxe dans le cadre de la présentation au Parlement des grandes lignes du budget 2010/2011, a expliqué que les sommes récoltées serviraient à financer des aides au retour à l'emploi.

Alistair Darling a souligné que l'idée d'un prélèvement exceptionnel sur les bénéfices des banques, qui ont reçu des aides énormes de la part de l'Etat durant la crise financière, avait été évoquée, mais que le gouvernement l'avait écartée pour ne pas pénaliser les établissements qui affecteraient leurs profits à la reconstitution de leurs fonds propres. "Toutes les banques ont bénéficié, directement ou indirectement", des aides de l'Etat pour enrayer la crise financière, et "ce devrait être le moment pour les banques de reconstituer leurs réserves de capitaux."

"Cependant, certaines banques croient toujours que leur priorité est de verser des bonus substantiels à leurs employés qui recoivent déjà des salaires élevés (...) Donc je leur donne le choix: elles peuvent utiliser leurs bénéfices pour augmenter leurs fonds propres, mais si elles persistent à vouloir verser des bonus importants, je suis déterminé à récupérer de l'argent pour le compte des contribuables", a averti le ministre.

Les banques allemandes en conformité dès 2009
Les plus grands établissements financiers allemands ont accepté de mettre en pratique les recommandations du G20 sur les bonus dès cette année. Suivant les préceptes du G20, le versement des primes doit être décalé dans le temps, et ce afin de décourager la prise de risque excessive à court terme. La chancelière allemande Angela Merkel, quoique plutôt favorable à une taxation des transactions sur les marchés financiers, appuie l'idée de Londres.

Même s'il existe un consensus général pour constater que des banquiers avides de risque sont l'une des principales causes de la crise, les autorités de tutelle peinent à parvenir à un consensus sur le rôle exact des bonus dans la déstabilisation du système financier ou sur la manière de les plafonner. Certains font valoir que réglementer les bonus n'empêchera pas les banques de conserver des rémunérations somptuaires en relevant soit les salaires soit les prestations de retraite.

Banques et autorités de tutelle s'accordent cependant sur un point: il faut décourager la prise de risque pour un profit à court terme au détriment de la stabilité financière sur le long terme.

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