Accord de Bruxelles sur la zone euro : Jérôme Cahuzac (PS) dénonce "un Munich commercial"

Le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, le socialiste Jérôme Cahuzac, a dénoncé lundi sur France 2 l'accord conclu par le président de la République consistant à soutenir la zone euro avec des fonds chinois ou brésiliens.

Jérôme Cahuzac
Jérôme Cahuzac (FRED DUFOUR / AFP)

Le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, le socialiste Jérôme Cahuzac, a dénoncé lundi sur France 2 l'accord conclu par le président de la République consistant à soutenir la zone euro avec des fonds chinois ou brésiliens.

Jérôme Cahuzac, partisan de François Hollande, a vivement contesté l'accord conclu par le président de la République lors du dernier sommet européen consistant à permettre aux pays comme la Chine, l'Inde ou le Brésil de soutenir la zone euro en participant au financement du FESF (Fonds européen de stabilité financière).

Le député du Lot-et-Garonne, président de la commission des finances de l'Assemblée, a estimé que cette décision, qu'il a qualifié de "Munich commercial" (en référence aux accords de Munich qui avaient vu les démocraties reculer devant les demandes de Hitler en 1938), pourraient peser sur les discussions commerciales que l'Europe aura avec les pays comme la Chine, l'Inde ou le Brésil.

Par ailleurs, il a affirmé que "le projet socialiste est une chose, le projet du candidat en est une autre". Pour le député, depuis la rédaction du projet, il s'est passé deux choses : "l'aggravation de la crise et les primaires".

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Contre une hausse de la TVA

Résultat, la création de "300.000 emplois d'avenir" figurant dans le programme socialiste pourrait être revue. "Il faudra sans doute faire un mix entre "les 300.000 emplois d'avenir et le contrat générationnel", la proposition phare du candidat Hollande, a précisé M. Cahuzac.

Il a aussi critiqué l'idée d'une hausse de la TVA : "Une TVA à taux intermédiaire, ce sont 6 à 8 milliards d'euros de pouvoir d'achat en moins. Ce n'est pas de la sorte qu'on relancera la consommation des ménages", a déclaré M. Cahuzac.

"Or la consommation des ménages, pour 60% c'est la croissance du pays. Comme par ailleurs l'investissement dans les entreprises est faiblard et s'affaisse, et que le commerce extérieur est historiquement déficitaire, on voit que les trois composantes de la croissance s'affaissent, s'écroulent ou stagnent", a-t-il conclu.