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320.000 chômeurs confiés au privé

"Débordé, Pôle emploi confie 320.000 chômeurs au privé", a révélé mardi le quotidien économique Les Echos
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Logo de "Pôle emploi", issu de la fusion entre l'Agence nationale pour l'emploi (ANPE) et les Assedic (© France)
"Débordé, Pôle emploi confie 320.000 chômeurs au privé", a révélé mardi le quotidien économique Les Echos"Débordé, Pôle emploi confie 320.000 chômeurs au privé", a révélé mardi le quotidien économique Les Echos

L'information a été confirmé par le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, qui justifie la mesure par "l'urgence de la situation" sur le front du chômage.

Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, devrait préciser le dispositif dans la matinée.

"On a une crise absolument sans précédent qui se traduit par une montée forte du nombre de demandeurs d'emploi avec forcément une difficulté pour les agences locales d'intégrer ces nouveaux demandeurs d'emplois", a-t-il déclaré sur la chaîne LCI.

Le gouvernement présente un plan d'urgence "pour qu'à la rentrée, on soit structuré, prêt à accueillir ces nouveaux chômeurs", a-t-il ajouté.

A la question de savoir si le recours au privé s'apparentait à une abdication du service public, Luc Chatel a répondu qu'il n'y avait, à ses yeux, "pas de mal à sous-traiter à des professionnels, des spécialistes du sujet, [ce que] d'ailleurs l'administration fait dans de nombreux domaines". "Cela fait partie aussi d'un Etat moderne de piloter des réformes et d'externaliser, quand c'est nécessaire, quand il y a une surcharge ponctuelle d'activité, une partie des tâches", a-t-il souligné.

Au premier trimestre, le chômage a atteint son niveau le plus élevé depuis le troisième trimestre 2006, à 8,7 % pour la France métropolitaine, 9,1 % si on inclut les départements d'Outre-mer.
Selon plusieurs membres du gouvernement, le pays pourrait compter au moins 800.000 chômeurs de plus sur l'ensemble de l'année 2009. De son côté, l'UNEDIC, qui gère l'assurance-chômage, en attend 650.000.

Le reclassement de chômeurs par le privé
Les opérateurs privés se verront confier, "d'ici fin 2011, voire 2012 si nécessaire, le suivi de 320.000 demanderus d'emploi, déclinés ensuite par bassin d'emploi", rapporte Les Echos. "Le coût du projet est estimé à un peu moins de 100 millions d'euros cette année et à 200 millions les années suivantes", poursuit le quotidien économique.

L'appel d'offres a été lancé fin mars. La direction de Pôle Emploi, issu de la fusion de l'ANPE et des Assedic, et les partenaires sociaux devraient se réunir ce mardi pour déterminer les opérateurs retenus parmi la quinzaine de candidats. Parmi eux: Altédia, BPI, Sodie, Adecco, Randstat...

Quelle efficacité ?

Jusque-là, l'accompagnement de chômeurs par des cabinets privés
était limité. Il est expérimental depuis 2005. En 2007 et 2008, il n'a concerné en tout que 45.000 demandeurs d'emploi. Les opérateurs touchant 3500 euros par personne reclassée.

Le bilan des premières expérimentations fait débat. Une étude de l'UNEDIC en dresse un tableau très laudatif à la fois en termes de coût et d'efficacité. Mais une autre étude, conduite par le ministère du Travail, arrive à des conclusions plus mitigées.

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