Noël : malgré la crise du Covid-19, le jouet français s'impose dans les rayons

La production "made in France" séduit de plus en plus les consommateurs. Les fabricant ont pourtant connu une année 2020 mouvementée. Exemple en Bretagne, près de Rennes, chez le fabricant Jouécabois.

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Radio France
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Illustration d'un rayon jouet d'un supermarché, le 3 novembre 2020. (BERTRAND GUAY / AFP)

À côté de la scierie dans les entrepôts du fabricant Jouécabois, les boîtes de jeux s’empilent, au risque de prendre la poussière. Barils de planchettes, palets bretons, quilles en bois… D'ordinaire, à l'approche de Noël, tout est en rayons depuis longtemps. "Au magasin de Fougères, par exemple, on avait habituellement des livraisons tous les deux mois mais là, on a dû avoir deux livraisons en tout", indique Christophe Fresnais, le patron et créateur de Jouécabois.

Dans quelques jours pour Noël, on ne trouvera sous le sapin que 14% de jouets français contre 8% il y a trois ans. Une progression perturbée cette année 2020 par la crise sanitaire liée au Covid-19, avec des commandes en accordéon imprévisibles qui se bousculent ou qui s'arrêtent. 

"Moins de marchandises, moins de livraisons et plus de stock chez nous. On est à 75% du volume de l'année précédente et heureux de l’être."

Christophe Fresnais, créateur de Jouécabois

à franceinfo

Un quart des ventes perdues avec des mois atones. Christophe Fresnais a accepté toutes les propositions pendant que les commerces étaient fermés : "On s'est aperçu pendant le confinement que pour acheter des jouets, il n’y avait que chez Amazon et Cdiscount. Ce sont des gens qui nous ont ouvert une boutique de jouets français gratuitement cette année. En tant que distributeur, ils ont joué le jeu, mais aussi bien que Systeme U ou Auchan qui ont joué la carte du made in France en mettant des emplacements spécifiques pour le jouet français."

"Ils ont du stock et arrivent à livrer"

La réouverture des commerces fin novembre entraîne un branle bas de combat pour le fabricant breton, près de ses clients, comme Brieuc Le Mazou, à la tête de trois magasins JouéClub en Ille-et-Vilaine : "Pour ce Noël, ce ne sont pas forcément les fabricants français, souvent plus petits, qui ont été défaillants, mais souvent les gros fournisseurs dans les grosses marques étrangères. On a vraiment eu des soucis d’approvisionnement, et les marques françaises ont réussi à livrer assez tard, jusqu'à encore quelques jours. Ils ont du stock et arrivent à livrer."

Il a fallu être réactif, tout le monde s'y est mis. Même l'Esat, l'Établissement et service d'aide par le travail, très encadré par la loi, d’où sortent les jeux de construction de Jouécabois sous forme de barils. Une relation ancienne, d'une dizaine d'années, devenu un peu plus que professionnel. "C’est une première, du fait que l'on avait une baisse d'activité conséquente sur deux autres ateliers, explique Charles Antoine Linares, directeur de l’Esat. La polyvalence des personnes handicapées ont permis aujourd'hui de multiplier le volume. Ils sont venus donner un coup de main, et puis, c'est une fierté." 

C’est peut être cela, l'effet jouet français. Les consommateurs y sont de plus en plus sensibles, surtout quand les prix du made in France se font plus petits que leurs concurrents étrangers.

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