Le maire EELV de Bordeaux refuse d'installer un "arbre mort" de Noël dans sa ville et s'attire les foudres de la droite

Avec l'argent habituellement consacré au sapin de Noël, la mairie financera le spectacle vivant, des aides aux commerçants et aux associations caritatives.

Le maire de Bordeaux, Eric Piolle, le 13 juillet 2020 à la mairie de Bordeaux.
Le maire de Bordeaux, Eric Piolle, le 13 juillet 2020 à la mairie de Bordeaux. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)
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Précieuse tradition ou simple "arbre mort" ? La volonté du nouveau maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, d'en finir avec le traditionnel sapin de Noël sur la place de la mairie, lui a valu vendredi 11 septembre, une volée de critiques essentiellement venues de la droite, locale et nationale. L'édile a évoqué "l'arbre mort de Noël", le grand sapin illuminé, d'environ 15-20 mètres de haut, qui chaque décembre éclaire la place Pey-Berland, sur le flanc de la cathédrale, face à la mairie de Bordeaux.

"Nous ne mettrons pas des arbres morts sur les places de la ville, notamment sur la place Pey-Berland, vous gardez le souvenir de cet arbre mort que l'on faisait venir tous les ans. C'est pas du tout notre conception de la végétalisation", a-t-il déclaré.

"Le coût qui était affecté à cette opération, particulièrement onéreuse, nous ferons à la place du spectacle vivant, et le budget économisé financera aussi une aide aux commerçants et aux associations caritatives, pour que ce budget soit fléché et pas perdu", a-t-il poursuivi. Pierre Hurmic a également annoncé une série de mesures sur la sécurité, l'urbanisme, la végétalisation de Bordeaux. Et notamment un inventaire de "tous les endroits de la ville où nous pouvons planter" des arbres, dans "des îlots, des places, des placettes, des arbres isolés, même"

La droite fustige "le délire" écolo

Des voix à droite se sont émues du sort dévolu au sapin bordelais. "Appelez-moi vieux monde si vous voulez, mais le sapin de Noël, le Tour de France et toutes ces traditions qui nous unissent seront toujours le ciment d'une société", a tweeté Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. Le député LR Eric Ciotti a dénoncé "les pseudos écolos", "vrais extrémistes de gauche" qui "sous couvert de sauver la planète" s'attaquent à Noël, "un vrai délire ! Le réveil va être douloureux à Bordeaux, Lyon..."

"Le sapin de Noël, 'un arbre mort' pour les Verts ?! Ces gens ont un rejet viscéral de tout ce qui fait notre pays, nos traditions, notre culture et chercheront à tout démonter pièce par pièce", a réagi pour sa part la président du Rassemblement national. Interrogée à ce sujet sur franceinfola ministre déléguée chargée +de la Citoyenneté Marlène Schiappa a déclaré que "l'écolo n'aime pas la joie des autres".

Noël n'est pas annulé

Face au tollé, Pierre Hurmic a tenté de rassurer : "La magie de Noël sera préservée !" affirme-t-il sur sa page facebook. A la place des traditionnels sapins, "les arbres vivants de la place Pey Berland et de la place Jean Moulin seront illuminés", promet le maire. " Le budget économisé sera consacré à des associations caricatives, commerciales et culturelles qui assureront la féérie de la place durant cette période de communion et de solidarité", ajoute Pierre Hurmic, se disant "prêt à toutes les propositions permettant d'animer cette place à Noël."