"C'est une révolution dans la conception" : les professionnels du jouet bientôt obligés de limiter l'usage du plastique

Le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire sera examiné en séance publique au Sénat à partir de mardi. Il vise notamment à réduire la consommation de plastique, ce qui représente un défi pour le secteur du jouet. 

Des jouets en plastique. (Illustration). 
Des jouets en plastique. (Illustration).  (AURÉLIE LAGAIN / FRANCE-BLEU BREIZH IZEL)

Limiter le plastique jusque dans les jouets. Les sénateurs examinent mardi 24 septembre le projet de loi anti-gaspillage avec de nouvelles obligations sur l'utilisation et le recyclage du plastique pour les professionnels du secteur du jeu, mais aussi pour les articles de sport et de loisirs, de bricolage et de jardinage. D'ici quinze mois, ils devront financer la fin de vie des joujoux sur le principe du pollueur-payeur.

Le plastique est roi dans le jouet

Chaque année 150 000 tonnes de jouets arrivent sur le marché. Ils sont essentiellement en plastique comme chez Mattel, la maison-mère de Fisher Price. "Le plastique est notre histoire, explique Christophe Salmon, directeur général France et Belgique de la marque. On vient de fêter le 60e anniversaire de la poupée Barbie, qui a toujours été en plastique".

C'est une révolution dans la conception du produit qu'il faut aller entreprendre pour sortir de cette dépendance au plastique Christophe Salmonà franceinfo

Dans quinze mois, avec la future loi, les jouets ne devront plus finir à la poubelle. Ils devront être réemployés ou recyclés. Pour l'instant tous les ans, 75 000 jouets sont traités comme des ordures, soit enfouis ou brûlés. 

Recycler un jouet en chaise de jardin 

Selon le fabricant Hasbro, les pratiques peuvent évoluer. La marque vient d'installer plus de 150 points de collecte pour les jouets, toutes marques confondues. "C'est la question de tous ces jouets avec lesquels nos enfants ont joué et dont ne sait plus quoi faire quand ils trainent dans les chambres, explique Hélène Kourtz, la directrice marketing. L'objectif est de se donner l'opportunité de les voir se développer en mobilier de jardin ou en petite table pour les enfants. C'est vraiment les voir revenir en seconde vie." 

Pourtant, les jouets sont difficiles à recycler explique Laurent Cochet, le directeur marketing de Ravensburger. Il prend l'exemple de son bus rouge londonien : "Il est recyclable mais malheureusement pas recyclé", explique-t-il.

Il y a des normes pour le marché du jouet, il faut pouvoir être sûr que si l'enfant le met à la bouche il n'y aura pas de soucis. Pour des raisons de santé, on ne peut pas utiliser de plastique recycléLaurent Cochetà franceinfo

Pourtant les jouets sans plastique ne sont pas pour demain, selon Maria Duprat, la directrice marketing et développement des jeux Nathan. "On a tous plus ou moins des projets engagés sur des jeux éco-conçus et propres, explique-t-elle. Pour faire complètement disparaître le plastique, je pense que c'est une utopie. On peut trouver beaucoup d'autres solutions, je pense au bois notamment". Selon Maria Duprat, il faudra "au minimum cinq ans pour qu'il y ait moins de jouets en plastique dans les familles". 

Avant d'atteindre 100% de plastiques recyclés d’ici 2025, comme le souhaite le président de la République, le monde du jouet compte s'attaquer au suremballage.