Éducation : après la "rentrée de la pénurie", le syndicat SNES-FSU redoute "l'année du bricolage"

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Dix jours après la rentrée, le syndicat SNES-FSU estime qu'il manquait des enseignants "dans 62% des établissements" d'après une enquête. "Ça va être l'année du bricolage", tance sa secrétaire générale Sophie Vénétitay. 

Depuis le retour des élèves en classe, "on a pu constater que cette rentrée était bien la rentrée de la pénurie et l'année du bricolage", a dénoncé Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, lundi 12 septembre sur franceinfo. "Il y avait 62% des établissements dans lesquels il manquait au moins un professeur à la rentrée", assure le syndicat, après une enquête menée auprès d'un échantillon de collèges et de lycées.

franceinfo : Le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, avait promis, avant la rentrée, qu'il y aurait "un professeur devant chaque classe". Est-ce bien le cas ?

Sophie Vénétitay : Nous avons mené une enquête dès la rentrée. Au 3 septembre, on a pu constater que cette rentrée était bien la rentrée de la pénurie, puisque sur un échantillon représentatif de collèges et de lycées, nous sommes arrivés à la conclusion suivante : il y avait 62% des établissements dans lesquels il manquait au moins un professeur à la rentrée. Très concrètement, ça veut dire que le 1er et le 2 septembre, nous avons accueilli nos élèves en leur distribuant des emplois du temps avec Monsieur X et Madame Y. Pour certains cours, nous n'avions pas de professeurs en face des élèves.

L'Éducation nationale fait face à une crise inédite du recrutement d'enseignants. Pour y remédier, elle a recruté des milliers d'enseignants contractuels, avec parfois très peu d'expérience. Sont-ils à la hauteur ?

Tout d'abord, ces contractuels sont nos collègues. Ils sont avec nous dans les salles des professeurs. On a fait la rentrée avec eux. Maintenant, c'est vrai qu'on voit bien, en discutant avec eux, qu'il leur manque de la formation. D'ailleurs, eux-mêmes nous le disent.

"On a déjà des retours de collègues contractuels qui ont démissionné dans les premiers jours, parce qu'ils se sont rendu compte qu'ils n'étaient pas suffisamment prêts, pas armés pour faire face à une classe."

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU

à franceinfo

Pour l'instant, il s'agit de quelques cas isolés, heureusement d'ailleurs, mais ça doit quand même nous mettre la puce à l'oreille sur le fait qu'enseigner est un métier qui s'apprend. On ne s'improvise pas enseignant en quelques jours, avec deux demi-journées de formation.

Un autre syndicat d'enseignants, le Snuipp-FSU, s'inquiète pour le reste de l'année. Il redoute qu'il ne reste plus assez de contractuels disponibles pour effectuer des remplacements dans les mois qui viennent. Partagez-vous cette inquiétude ?

Tout à fait. L'année scolaire ne se limite pas au 1er septembre. Pap Ndiaye a beau avoir promis un professeur devant chaque classe à la rentrée, il y a les 36 semaines qui suivent. Dès maintenant, on nous signale, par exemple, dans l'académie de Lyon, qu'on a du mal à faire face à des remplacements de congés maladie. Dans quelques semaines, on va avoir d'autres congés, dont certains sont prévisibles, comme les congés maternité sur lesquels on ne sait pas aujourd'hui si on va pouvoir mettre un remplaçant. Ça a été la rentrée de la pénurie. Manifestement, ça va être aussi l'année du bricolage.

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