Baccalauréat : ceux qui ne l'ont pas eu doivent "y aller, il faut le repasser" et "retrouver confiance en eux"

À la veille des rattrapages, Barbara Muntaner, la rédactrice en chef du site internet du Centre de documentation et d'information de la jeunesse, donne quelques conseils à ceux qui n'ont pas obtenu le baccalauréat cette année. 

Les lycéens découvrent les résultats du baccalauréat, le 6 juillet, à Agen, dans le Lot-et-Garonne. 
Les lycéens découvrent les résultats du baccalauréat, le 6 juillet, à Agen, dans le Lot-et-Garonne.  (DDM JEAN MICHEL MAZET / MAXPPP)

Même si le taux de réussite au baccalauréat est hausse cette année, à 78,8%, il y a toujours des déçus. Environ 53 000 candidats ont obtenu moins de huit de moyenne, et ne peuvent donc pas aller au rattrapage. "Un choc", pour ces lycéens selon Barbara Muntaner, la rédactrice en chef du site internet du Centre de documentation et d'information de la jeunesse, invité de franceinfo dimanche 8 juillet. À la veille du début des oraux de rattrapage, elle donne des conseils à ceux qui voudraient continuer sans ce diplôme.

franceinfo : Que faire après avoir raté son baccalauréat ?

Barbara Muntaner : Pour tous les jeunes qui viennent de rater leur bac vendredi, ils sont 53 000, ce n'est pas un événement anodin, c'est un choc. C'est un coup dur pour l'estime de soi, donc il faut vraiment être avec eux, les aider à retrouver confiance parce qu'ils vont rebondir. Le premier conseil que je leur donnerai, c'est de le repasser. S'il s'agit d'un premier essai, il faut y aller, il faut le repasser. Il faut savoir qu'ils peuvent conserver leurs notes au-dessus de la moyenne donc ils ne repartent pas de zéro. Ils peuvent aussi changer de filière ou même décider de faire un bac pro en un an. (…) On peut parler aussi d'un dispositif qui s'adresse aux 16-25 ans, qui s'appelle "Reviens te former". Il existe depuis deux ans. C'est vraiment pour lutter contre le décrochage. Vous avez raté un bac, vous avez quitté le parcours scolaire, vous pouvez après plusieurs années vous réinscrire dans un établissement. C'est un dispositif qui fonctionne plutôt bien, les conseillers sont là pour vous aider à trouver quelle voie vous intéresserait.

Est-il possible de continuer ses études sans le baccalauréat ?

Le choix est plus restreint bien sûr, mais il y a des possibilités. On peut faire par exemple un BTS en alternance. Les établissements publics sont souvent complets mais il y a des établissements privés sous contrat, qui vont vous proposer un BTS en alternance dans la restauration, l'hôtellerie, le commerce, mais aussi l'industrie. Les frais de scolarité seront moindre puisqu'il s'agit d'alternance. On peut aussi se diriger vers des diplômes d'État par exemple, d'aide-soignant, d'auxiliaire de puériculture. Il y a aussi tous les métiers du sport, on peut faire un brevet d'éducateur sportif. Il y a aussi les écoles d'entreprises qui accueillent les non-bacheliers, là encore ce sont des secteurs en tension. Toutes les grosses entreprises de l'environnement, comme Veolia par exemple, proposent des écoles d'entreprises, et accueillent ces jeunes-là pour obtenir des diplômes d'État.

C'est aussi possible de devenir fonctionnaire ? 

Oui mais il ne faut pas raconter d'histoires, c'est plus compliqué quand on n'a pas le bac de réussir un concours de la fonction publique, parce qu'aujourd'hui ce sont souvent des profils bac+2, bac+3 qui passent des concours. Mais il y a des parcours qui mènent à des secteurs de la fonction publique qui sont souvent en tension, où il y a moins de candidats, ça va être des postes par exemple dans l'administration pénitentiaire, et aussi tout ce qui est dans l'aide à la personne. La police nationale, l'armée, la marine recrutent également sans le bac. Il y a des dispositifs tout à fait pratiques qui sont mis en place, c’est-à-dire que les jeunes peuvent passer plusieurs semaines en test, et chacun voit si c'est un univers qui lui convient. Les concours se mettent en place après quelques mois de tests.

Et qu'en est-il du service civique ?

C'est vraiment l'option d'un jeune qui vient de rater son bac et qui se dit "je vais réfléchir un peu à ce que je veux faire, je vais prendre un temps de pause". C'est l'occasion de faire six mois à un an dans une association, dans une entreprise, et de retravailler son estime de soi, de reprendre confiance et d'aller vers un autre projet. On peut le faire en Europe aussi, ça s'appelle un service volontaire européen.