Résultats du bac : comment survivre à une journée sous pression ?

Francetv info vous donne les clés pour éviter les pièges d'une journée riche en émotion. 

Des élèves du lycée Jules-Ferry, à Paris, consultent les résultats du bac 2009. 
Des élèves du lycée Jules-Ferry, à Paris, consultent les résultats du bac 2009.  (TILL JACKET / AFP)

Pour les 664 709 candidats, l'heure de l'ultime épreuve a sonné. Un nœud (et quelques tartines) dans l'estomac, vous attendez les résultats du bac. Vos moyennes, coefficients, coups de bol et autres coups de génie, ont fait de ce vendredi 5 juillet la meilleure (ou la pire) journée de votre année scolaire.

Bac avec mention, passage via la case miracle, rattrapage ou échec cuisant : quels que soient vos résultats ou ceux de vos enfants, la journée risque d'être riche en émotions. 

Cas 1. Je n'ai pas encore mes résultats : comment je fais ? 

Je me connecte. Si vous êtes du genre anxieux, consulter les résultats en ligne peut vous éviter d'aller vomir derrière la voiture du prof de sport. Ils sont disponibles gratuitement sur francetv info et sur le site education.gouv.fr dès leur publication. En fonction des académies et des filières, les résultats tombent entre 10 heures et 19 heures.

Je tremble avec mes semblables. Le numérique n'a pas tué le rituel qui consiste à envoyer un courageux "pion" braver la foule pour scotcher la liste des bacheliers sur des tableaux en liège plantés devant le lycée. Cris, sourires, larmes, empoignades et doigts qui parcourent nerveusement les listes. Mais "ce n'est jamais facile d'attendre avec les copains, surtout si l'on n'est pas sûr de soi, concède Arthur Lévesque, créateur du site résultatsbaccalauréat.frC'est un moment stressant. On n'a pas forcément envie d'être entouré de copains au moment de découvrir qu'on a raté le bac ou que l'on est convoqué au rattrapage", explique-t-il.

Cas 2. J'ai eu mon bac : c'est bon, je peux faire le malin ? 

Face à la famille ? Non. Rien de plus simple que d'annoncer une bonne nouvelle. Pourtant, il convient de se préparer aux attitudes incongrues de certains parents face à ce succès, parfois inattendu : après une année scolaire en dents de scie, "quand j'ai eu le bac, ma mère ne m'a pas crue", se souvient Louise, 28 ans. A l'inverse, chez Servane, sa réussite n'a pas empêché la maladroite déception de sa mère. "'Ah bon, mention assez bien ?' m'a demandé ma mère au téléphone. 'C'est pas terrible. Rater la mention bien de si près en plus...' raconte la jeune femme. J'entendais tous les élèves et leurs parents qui criaient (certains parents faisaient même péter le champagne dans la cour du bahut). J'ai cru que j'allais aussi me mettre à hurler... de rage."

"Personnellement, j'ai fêté mes résultats du bac le soir avant qu'ils ne soient annoncés, sans savoir si je l'avais ou pas", se souvient Benjamin. Lui qui était à peu près sûr d'avoir réussi l'examen a nettement "moins ri" quand il s'est vu frôler les épreuves de rattrapage. "Je l'ai eu d'un point ! Je dormais quand on m'a annoncé que je l'avais, je souffrais d'une gueule de bois mémorable. Ma mère a voulu que j'appelle la famille... qu'on aille au resto. Je n'avais qu'une envie : me recoucher !"  Ne JAMAIS faire le malin. 

Face aux copains ? Non plus. En 2012, le taux de réussite au baccalauréat a atteint 84,5% toutes filières confondues, selon le ministère de l'Education nationale. Dans une société qui clame volontiers qu'on "le donne à tout le monde" et que, par conséquent, le diplôme "a perdu de la valeur", rappelons que ce "sésame" ne garantit par la réussite. "Plus d’un quart (26%) des inscrits en première année de licence 1 quittent l’université l’année suivante", rappelle L'Etudiant. Dans la filière Administration économique et sociale (AES), ce taux atteint jusqu'à 38%. Là, inutile de compter sur le coup de chance et de parader : "J'ai eu le bac sans rien faire moi, bande de boloss."

Cas 3. Je n'ai pas eu mon bac : comment j'annonce la nouvelle ?

Je ne tente pas de me cacher (ça ne sert à rien). Le parent est fourbe. "Avec internet, les parents connaissent les résultats en même temps que les enfants, souvent avant que ces derniers ne les appellent pour leur annoncer, notamment parce qu'il arrive que les lignes téléphoniques soient saturées", assure Arthur Lévesque. Certains le regretteront, mais en 2013, il est impossible de cacher à ses parents ses piteux résultats : "Au vu des retours que nous avons sur le site, il semblerait que 60% des personnes qui demandent à être alertée des résultats sont des parents, contre 40% de bacheliers." Du coup, l'art d'annoncer une mauvaise note disparaît, se désole le blog L'Alchimie du collège. Profitez de ces quelques moments qui vous séparent de la confrontation avec vos parents pour encaisser le coup. 

Je dédramatise. "Si je n'ai pas le bac, je vais mourir" et sa variante "si je n'ai pas le bac, mes parents vont me tuer" sont largement exagérées. "C’est triste d’échouer (...), mais cela arrive et cela vaut la peine de retenter l’aventure au moins une fois, explique le blog Il y a une vie après le bac, hébergé par Le Monde.fr. Surtout quand on sait qu’en comptant les redoublements, ce sont 96% des candidats au bac qui finissent par l’obtenir." Sans forcément combler les parents, assure Marie. "Quand je l'ai loupé, j'ai appelé ma mère, qui m'a engueulée. Mon frère m'a payé un coup à boire puis je suis rentrée chez moi, où mes parents faisaient la tronche", se souvient la jeune femme. "Mais ensuite je l'ai eu : là, je me suis fait engueuler car j'avais eu 4 en maths !"

Pour les parents, le psychiatre Patrice Huerre, interrogé par Le Figaro en 2012, donne quelques conseils : "L’essentiel (...), c’est de différencier deux éléments : le résultat et la personne. On peut légitimement être déçu ou triste d’un échec, mais il ne faut surtout pas oublier à ce moment-là que la valeur de son enfant ne se réduit pas à la réussite à cet examen."

Cas 4. Je vais au rattrapage : je peux faire la fête quand même ? 

Non. Avouez que ce serait dommage de passer à côté de points décisifs. "Les quelques jours qui me séparent des repêches sont finalement ceux de ma scolarité durant lesquels j’ai le plus travaillé, se rappelle un journaliste de Ouest-France, convoqué au rattrapage en 2003. Dans son billet, il souligne l'importance du sens du sacrifice dans ce moment difficile de la vie d'un ado. Lui a sacrifié un concert des Rolling Stones, prévu la veille de l'oral "Finalement, j’ai bel et bien fini par avoir mon bac. J’ai bien intégré l’école que je voulais et je suis même devenu journaliste. Mais, bon sang, j’ai raté les Rolling Stones."

"Il est primordial de choisir des matières à fort coefficient et pour lesquelles votre résultat était inférieur à la moyenne (10/20)", rappelle enfin Arthur Lévesque. Et pour le reste, se référer aux cas 2 et 3. Bon courage.