Unique en Europe, un sanctuaire pour éléphants va ouvrir dans le Limousin

Ce projet, lancé par deux Belges, pourrait aboutir à partir du printemps prochain.

Deux éléphantes mascottes du cirque Pinder, le 12 mars 2010, dans leur enclos à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Deux éléphantes mascottes du cirque Pinder, le 12 mars 2010, dans leur enclos à Marseille (Bouches-du-Rhône). (PATRICK VALASSERIS / AFP)

Ils promettent un "paradis" pour pachydermes. Deux anciens soigneurs du zoo d'Anvers (Belgique) vont ouvrir, en 2017, le tout premier "sanctuaire pour éléphants" en Europe à Bussière-Galant, une petite commune de Haute-Vienne.

Ce projet de maison de retraite pour éléphants, baptisée "Elephant Haven", est né de la passion de Sofie Goetghebeur et Tony Verhulst, qui s'occupent de pachydermes depuis 20 ans. Estimant à 141 le nombre d'éléphants détenus par des cirques en Europe, ils affirment que, "sous peu, de nombreux éléphants prendront une retraite bien méritée".

Cinq ans de travail

Mais que faire de ces encombrants animaux, qui peuvent vivre jusqu'à 60 ans ? Les deux soigneurs estiment qu'"il n'est pas réaliste d'envisager un retour au pays pour eux. Beaucoup ont été capturés petits, d'autres sont nés en captivité." D'où l'idée de sanctuaire pour éléphants, où les animaux pourraient couler paisiblement leurs dernières années de vie.

Ce projet de longue haleine a demandé près de cinq ans à Sofie Goetghebeur et Tony Verhulst, qui l'avaient déjà présenté à France 3 Limousin en 2015. "Il fallait trouver une très grande surface, mais aussi les bonnes conditions climatiques et agricoles, et tout cela dans un secteur accessible financièrement", explique Tony Verhulst.

La "météo parfaite" du Limousin

Après avoir écumé le web, le couple belge a finalement jeté son dévolu sur le Limousin et Bussière-Galant, qui réunit tous ces critères. "En Limousin, la végétation est abondante, la météo parfaite et l'accès à la nourriture facile", résume le soigneur.

En mai dernier, avec leur association et grâce à de nombreux dons récoltés à travers le monde, ils ont pu se porter acquéreurs d'un domaine de 29 hectares sur la commune. Tout l'été, des bénévoles s'y sont succédé pour mettre en place les premiers équipements, un hangar et des clôtures.

Jusqu'à dix éléphants

A terme, les soigneurs belges estiment pouvoir accueillir jusqu'à dix éléphants, qui pourront évoluer librement et se reposer dans des hangars chauffés pendant l'hiver. "Nous souhaitons que, contrairement à leur vie d'avant, ils puissent avoir suffisamment d'espace pour s'isoler des autres et être tranquilles", disent-ils.

"Nous espérons pouvoir développer à terme un travail de sensibilisation et de découverte avec les scolaires et les particuliers, mais nous avons pensé notre projet de telle sorte que les gens puissent voir les éléphants évoluer sans les déranger", souligne Tony Verhulst.

Un premier pensionnaire au printemps ?

"Tout l'aspect sanitaire est organisé. En plus de notre expérience, nous sommes accompagnés par un vétérinaire sur place et suivi à distance par un vétérinaire spécialiste des éléphants", ajoute Sofie Goetghebeur .

Une fois obtenues les autorisations préfectorales pour la détention d'animaux exotiques, un dossier en cours de finalisation, "Elephant Haven" pourrait accueillir son premier pensionnaire au printemps 2017.