Plus de 400 dauphins échoués sur la côte atlantique depuis le début de l'année 2019

Mesurer l'ampleur du phénomène et en identifier les causes s'avèrent particulièrement complexes, estime une chercheuse au sein d'un observatoire.

Un dauphin commun échoué le 17 janvier 2019, retrouvé sur une plage de Biscarosse (Landes) et photographié par un correspondant référent de l\'observatoire Pélagis.
Un dauphin commun échoué le 17 janvier 2019, retrouvé sur une plage de Biscarosse (Landes) et photographié par un correspondant référent de l'observatoire Pélagis. (J.J. JOUBERT)

C'est un phénomène similaire à celui des hivers précédents, mais plus alarmant. Plus de 400 dauphins ont été retrouvés échoués sur la côte atlantique depuis début janvier, avec un pic actuellement en Vendée et en Charente-Maritime, rapporte, jeudi 14 février, l'observatoire Pelagis, sous tutelles de l'Université de La Rochelle et du CNRS.

"La plupart des animaux qu'on examine ont des traces de capture accidentelle, donc de mort dans des engins de pêche", explique Hélène Peltier, chercheuse à l'observatoire Pelagis. Elle évoque "un événement de mortalité important en Gironde et dans les Landes" à la mi-janvier, puis un autre qui dure depuis début février "en Vendée et Charente-Maritime", mais aussi "sur le golfe de Gascogne, entre le sud de la Bretagne et la frontière espagnole".

Les dauphins se font "prendre dans les filets"

"A période égale, il y a eu plus (d'échouages) cette année que l'an dernier, si on regarde juste la même période. L'an dernier, les échouages les plus importants avaient eu lieu en février-mars, on en avait eu 800 en février-mars et là, on est début février, et on est à 400. Alors, est-ce que ça va se calmer ou pas, c'est la grande question", a détaillé Hélène Peltier. Selon elle, "il faudra regarder à la fin de l'hiver, au début du printemps pour faire un bilan".

Mesurer l'ampleur du phénomène est particulièrement complexe, selon Hélène Peltier, car durant les autres saisons de l'année, "même s'il y avait ces événements-là, on ne les verrait pas puisque les vents ne nous ramèneraient pas forcément les cadavres". Par ailleurs, il est difficile d'identifier les causes. En partie, c'est parce que les dauphins "se nourrissent des mêmes proies que le bar et le merlu qui sont ciblés par certains pêcheurs", a indiqué Hélène Peltier. Les cétacés se font "prendre dans les filets et ensuite ils paniquent et meurent".

"Ce n'est que la partie émergée de l'iceberg"

L'association de protection de la nature France Nature Environnement a déploré un chiffre qui "bat déjà les records des hivers précédents pour la période observée".

France Nature Environnement réclame "une réduction immédiate de nombre de navires" de pêche et s'alarme que "chaque année, près d'un millier de carcasses de dauphins viennent s'échouer sur les côtes françaises. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg ... puisque la plupart des dépouilles coulent simplement au fond de l'océan".