Cinq idées reçues sur le nouveau zoo de Paris

L'ancien zoo de Vincennes réouvre ses portes au public, samedi 12 avril.

Les girafes dans leur nouvel enclos au parc zoologique de Paris, le 8 avril 2014.
Les girafes dans leur nouvel enclos au parc zoologique de Paris, le 8 avril 2014. (MAXPPP)

L'ancien zoo de Vincennes, rebaptisé parc zoologique de Paris, réouvre ses portes au public, samedi 12 avril, après six années de travaux. Avant de vous y précipiter en famille, francetv info livre quelques précisions sur ce lieu qui fait l'événement de ce printemps.

1On va au zoo comme on va à la Foire du Trône (d’ailleurs c’est juste à côté)

Surtout pas ! Un zoo n’est ni un musée, ni Disneyland. "Pour nous, le parc zoologique de Paris n’est pas un parc d’attractions, martèle Thomas Grenon, directeur général du Muséum national d’histoire naturelle. C’est un outil de diffusion d’une culture scientifique et naturaliste." 

En conséquence, vous ne verrez peut-être pas autant d’animaux que vous l'imaginiez. D’abord, parce qu’il y en a peu. Seuls 1 000 animaux sont répartis sur un peu moins de 10 hectares. On est très loin des 13 000 animaux du zoo de Londres ou des 20 000 du zoo de Berlin, deux autres zoos urbains situés dans de grandes métropoles européennes.

D'autre part, le parc a été conçu pour un visiteur proactif, soucieux de comprendre l’animal dans son environnement. Thomas Grenon est d’ailleurs très clair sur le sujet. "Nous souhaitons une démarche d’observation, au plus près de ce que l’on fait quand on est dans la nature et que l'on observe les animaux. Notre concept, c’est de parler de biodiversité et d’animaux qui vivent au plus près de leur milieu naturel."

Certains animaux, comme ce capybara, sont plus faciles à observer que d\'autres.
Certains animaux, comme ce capybara, sont plus faciles à observer que d'autres. (ELODIE DROUARD / FRANCETV INFO)

De fait, ni spectacle de vol de rapaces, ni numéro d’otaries savantes ne sont prévus, à la différence d'un zoo comme celui de Beauval (Loir-et-Cher). Une décision qu’explique Alexis Lécu, directeur scientifique du parc : "On sait que le contact entre l’homme et l’animal est quelque chose que le public aime bien voir. Parce qu’il peut s’identifier et imaginer une proximité avec l’animal. Ici, on est au Muséum et on a une vocation scientifique. On utilise ce contact quand il est strictement nécessaire pour le management, le bien-être et l’abaissement du stress de l’animal. Donc vous verrez des soigneurs au contact des otaries, mais uniquement quand ce contact est bénéfique au soin de l’animal. Et s’il n’est pas utile, on ne va pas le faire."

Et quand le parc a besoin de peser un vautour, c'est ce dernier qui va venir se poser sur une balance. "Mais on ne le mettra pas sur un gant de fauconnier et on n’habillera pas nos soigneurs avec une plume sur la tête. Parfois ça repose sur les mêmes mécanismes de conditionnement des animaux, mais c’est présenté différemment, avec un objectif différent", ironise le vétérinaire en chef du zoo.

Des vautours dans leur volière au parc zoologique de Paris, le 8 avril 2014.
Des vautours dans leur volière au parc zoologique de Paris, le 8 avril 2014. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

2On va voir plein d’éléphants, et puis des ours et même des dinosaures

Non, non et non ! Le parc zoologique de Paris, de par son emplacement en milieu urbain, a une surface limitée. Ici, la direction a pris la décision de sacrifier certaines espèces emblématiques au profit d’autres, peut-être moins sensationnelles. Ainsi, les ours présents par le passé au zoo de Vincennes sont absents du nouveau parc. "Dans la biozone consacrée à l’Europe, on a décidé d’avoir les carnivores emblématiques que sont les loups et pour lesquels on a donné deux enclos afin d’anticiper les problèmes sociaux qui peuvent arriver dans la nature ou en captivité. Du coup, ça prend de la place et on n'a pas un hectare de plus à donner à des ours alors qu’on sait qu’un ours brun a besoin d’au moins un hectare pour être maintenu dans de bonnes conditions", explique Alexis Lécu. Et sinon, pour les dinosaures, c’est plutôt au zoo de Pessac (Gironde) qu’il faut vous rendre, comme l’explique 20 Minutes.fr.

Un bassin vitré facilite l\'observation de la colonie de manchots de Humboldt.
Un bassin vitré facilite l'observation de la colonie de manchots de Humboldt. (ELODIE DROUARD / FRANCETV INFO)

3Bon, on va voir des pumas alors ?

Pas forcément. Car le parc zoologique de Paris a été conçu en privilégiant le confort des animaux. "L’animal n’est pas exhibé. Vous ne le voyez pas derrière des barreaux ou une vitrine de façon extrêmement proche. Pour des conditions de confort animalier, nous avons voulu des espaces beaucoup plus grands pour les animaux, y compris des endroits où ils peuvent se tapir, se cacher comme ils le font dans la nature", justifie Thomas Grenon. Vous pouvez donc tout à fait patienter deux heures devant l’enclos du puma sans même apercevoir le bout de sa queue. C’est frustrant, mais c’est pour son bien.

Un espace du parc zoologique qui semble désert au premier coup d\'œil.
Un espace du parc zoologique qui semble désert au premier coup d'œil. (ELODIE DROUARD / FRANCETV INFO)

En outre, la plupart des animaux sont arrivés il y a peu dans leur nouvel espace et nombre d’entre eux sont encore en période d’acclimatation. "Nous sommes soucieux du bien-être de l'animal et nous faisons extrêmement attention à cette période sensible qui est un moment où l’animal a été stressé. Il a été déstabilisé par le transport, il arrive dans ses nouveaux locaux qu’il doit découvrir et auxquels il doit s’adapter", confie le directeur du Muséum d'histoire naturelle. Animaux extrêmement méfiants, les girafes ont mis quatre mois juste pour sortir de leur pré-parc.

N’oubliez pas que le zoo est un lieu vivant, ce qui en fait le charme et la richesse, et que cet espace dédié est également une condition nécessaire à la reproduction des animaux.

4Les billets sont hyper chers

Faux. Avec une entrée plein tarif à 22 euros, le parc zoologique se situe dans la moyenne des institutions équivalentes. Ainsi, Berlin propose un billet à 13 euros tandis que le ticket à Londres est à 26 livres sterling (un peu plus de 31 euros). Bref, des tarifs cohérents avec le coût global de la vie dans ces deux grandes métropoles européennes. En France, le zoo de Beauval propose un ticket d’entrée à 26 euros tandis qu’un zoo de taille moyenne comme celui de Jurques (Calvados) offre de découvrir ses 600 animaux pour 13,30 euros.

Autre point important, le parc zoologique de Paris est une institution publique qui a bénéficié d’une aide de l’Etat de 30 millions d’euros, une petite partie des 170 millions d’euros qu’ont coûté les travaux de rénovation. Donc, comme le rappelle le directeur du zoo : "C’est au visiteur de participer au financement de la rénovation. Nous avons établi une politique tarifaire en faveur d'un public cible que nous souhaitons attirer au parc zoologique de Paris et à qui nous souhaitons parler de biodiversité et de protection de l’environnement." Bref, si vous êtes concerné par ces problématiques, vous comprenez le prix du billet.

Des babouins dans leur espace au pied du grand rocher, le 9 avril 2014.
Des babouins dans leur espace au pied du grand rocher, le 9 avril 2014. (ELODIE DROUARD / FRANCETV INFO)

5Mais au fait, le zoo de Paris, il n'est pas à Vincennes ?

En fait, non. Baptisé zoo de Vincennes lors de son ouverture au public en 1934, le parc, même s’il faut passer le périphérique parisien pour s’y rendre, est à Paris. Tout comme le bois de Vincennes. L'entrée du parc a même été modifiée et se trouve aujourd’hui encore plus près du 12e arrondissement que de Saint-Mandé (Val-de-Marne). Sa nouvelle appellation de parc zoologique de Paris n'est donc pas que du marketing.