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"Ne pas tirer est un acte de chasse aussi honorable que de tirer" : une école de chasse dans les Ardennes promeut une pratique plus éthique

Souvent perçue comme une pratique d'un autre âge, la chasse d'aujourd'hui peut être responsable et éthique. C'est en tout cas ce que défend l'école de chasse de Belval-Bois-Des-Dames dans les Ardennes.

Article rédigé par franceinfo - Justine Leclercq
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Cours théorique de chasse à l'école de Belval-Bois-des-Dames dans les Ardennes, le 22 août 2018.  (FRANCOIS NASCIMBENI / AFP)

A l’Ecole de Belval, au milieu de la campagne ardennaise, un bon chasseur est un chasseur qui prend du recul. "La chasse ça ne peut pas être qu'un loisir pour se détendre. On peut pas aller un tuer un chevreuil comme on va jouer à pétanque", explique David Pierrad, formateur depuis des années. Ce passionné insiste sur le devoir moral des chasseurs. Au sein de cette école située à Belval-Bois-Des-Dames dans les Ardennes, on promeut une pratique plus responsable et éthique de la chasse, mal perçue par de nombreuses associations écologistes ou de défense de la cause animale. 

"Ne pas tirer est un acte honorable"

Une philosophie partagée par Quentin Halais, autre formateur au domaine de Belval, en pleine leçon devant une douzaine de jeunes chasseurs : "On estime en France que pour tuer un grand gibier il faut en moyenne entre six et sept balles. Malheureusement, il y a certaines journées où on fait plus de tirs. Dîtes-vous bien une chose : ne pas tirer est un acte de chasse aussi honorable que de tirer et probablement plus difficile".

Autre précepte enseigné, la recherche au sang. Technique qui permet grâce aux chiens de retrouver le gibier blessé pour abréger ses souffrances. Démonstration de David Pierrard et sa chienne Maddy : "Là on va simuler une recherche au sang, donc on a posé une piste artificielle pour le chien. Et en gros, le travail du chien c'est de suivre une voie d'animal blessé," explique le chasseur à travers la forêt avant que Maddy ne s'arrête. "Là elle a retrouvé son sanglier. Et donc pareil, quand vous arrivez, faut pas crier 'ouais super tu as retrouvé mon sanglier !', c'est un coup à se faire arracher la moitié du bras".

Angélique et Renaud sont tous les deux jeunes chasseurs. Ils n'en reviennent pas : "C'est une bonne expérience. On apprend plus de choses que ce qu'on apprend lorsque l'on passe le permis", explique la jeune femme qui a son permis de chasse depuis plus d'un an.

"On est en circuit court, on mange de la viande de qualité"

La chasse doit évoluer mais à toujours sa place défend David Pierrard : "La chasse est une activité qui peut paraître à certains égards tout-à-fait anachronique. Moi je pense que c'est tout l'inverse."

Elle peut être à pleins d'égards tout-à-fait moderne. On va tuer un gibier à côté de chez soi, qui n'a pas été broyé aux antibiotiques, qu'on tue proprement.

David Pierrad, formateur

à franceinfo

"On est en circuit court, on mange de la viande de la qualité... pour moi tout ça fait sens". Chaque année un peu plus d’un million de cerfs, chevreuil, sangliers ou chamois sont tués en France. Il y a autant de chasseurs que d'animaux abattus.

A Belval, la chasse se veut éthique et responsable. Un reportage de Justine Leclercq.

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